Que Susan m'a offert et que je possédais déjà dans une autre édition. La première, celle que je possédais, est La Bibliothèque précieuse, Librairie Gründ, Paris, 1938, texte traduit par Marie Alexandre ; la seconde est la Bibliothèque Plon, sans date, mais vraisemblablement, à en juger d'après le catalogue et la facture, d'avant-guerre ; le texte est ici traduit par E. Halpérine-Kaminski... Chacun à notre tour, nous lisons une phrase. Très vite, les différences apparaissent. La première, la plus flagrante, c'est le supplément de détails figurant dans la seconde édition (qui, d'une certaine manière, s'explique par le fait que celle-ci a été faite – la traduction – d'après « la troisième et dernière version du texte russe, ignorée jusqu'ici du public français et demeurée assez peu connue des Russes eux-mêmes », note du traducteur qui ajoute que la censure est responsable des passages jusqu'à présent ignorés – mais qu'avait à faire la censure de détails aussi anodins ? à suivre...). La seconde, c'est l'interprétation, c'est la formulation, inhérentes à la traduction, mais tout de même, il y a des choses étonantes : un sourire qui s'exprime d'un côté et est réprimé de l'autre ; le « je » du narrateur qui est substitué par un « on » vague et neutre ; un « porteur » qui devient « facteur »... Nous nous sommes arrêtés d'un commun accord sur le « Quelle crainte ? demanda la dame », commun aux deux traductions et, en l'occurrence, tout à fait opportun... Suite demain...

14 octobre 1997