LE TABAC

(Journals)

- I -

du premier au onzième jour

(extrait)

 

Voilà, c’est fait. Il est 12 h 30 et j’ai inhalé ma première bouffée depuis samedi !... Léger vertige, évidemment. Je suis incapable de dire si je suis satisfait ou non, si c’est bon ou non. Si, j’en suis capable : ce n’est pas bon, je ne suis pas satisfait. En fait, la question du plaisir ou de la satisfaction ne se pose pas ; la question est : la nécessité ! Il est nécessaire, il était nécessaire, à ce moment précis, d’allumer cette cigarette. Et de l’achever. Nécessaire d’aller contre l’incapacité d’écrire, nécessaire de rédiger cette lettre que j’ai envie de rédiger et qui, de par son caractère, va me demander un certain travail de réflexion. Nécessaire de même de combattre un peu l’état de manque et ses symptômes...