Ils sont tous là aujourd’hui, qui se sont regroupés, qui se sont rassemblés, qui se sont réunis pour organiser en leur nom propre cette considérable fête que les autres mortels ont cru bon depuis des lustres d’ôter définitivement de leur mémoire : en ce jour, ils ne voient que des morts, c’est-à-dire leurs morts, alors qu’il n’y a que des vivants, c’est-à-dire tous les vivants ; c’est-à-dire tous ceux qui, mobiles et respirants, font, de par la grâce du prénom qu’ils portent, traverser l’éternité à tous les saints dont ils ont en eux une parcelle de la luminosité. Alors, puisque ces mortels désormais dans l’ignorance omettent de les célébrer, ils se résolvent chaque année à louer d’eux-mêmes une partie d’azur afin de s’y regrouper, et là se rappeler à leur propre souvenir, et marquer de leur empreinte malgré tout joyeuse cette nouvelle étape effectuée sur la route du temps.