J'en ai achevé la première partie, celle qui précède les planches puisqu'il s'agit de la même collection que « mon » Brueghel, c'est-à-dire une partie explicative et biographique comportant des illustrations en noir et blanc (pour Turner !), puis un choix de planches, en l'occurrence 56... Cette première partie n'est rien moins que banale puisque purement informative. Mais on y relève tout de même une seconde infamie à mettre sur le compte de Ruskin.
Admirateur de la peinture de Turner, Ruskin était un de ses bons « amis ». Turner a rédigé un testament dont Ruskin était l'un des exécuteurs. Le testament stipulait entre autres choses, que toutes les toiles devraient être réunies pour une grande exposition posthume, qu'un musée Turner devrait être construit, qu'une sorte d'organisme de bienfaisance pour « Peintres Pauvres et Malades » [sic !] devrait être formé et une partie de sa fortune partagée entre les différents exécuteurs... divers vœux qui n'ont jamais été exécutés, notamment celui du partage de l'argent. La famille s'y est opposée, voulant tout naturellement se l'accaparer. Quel est le rôle de l'exécuteur testamentaire sinon faire en sorte que les volontés du mort soient respectées ? Et qu' fait Ruskin à ce moment-là où plus que jamais sa présence était nécessaire, lui l'admirateur et l' « ami » ? Eh bien, il a purement et simplement renoncé, il s'est retiré de l'affaire puisque de toute façon «
 il n'en tirerait rien de bon »...

21 mars 1990