« J'ai eu toutes les peines du monde à trouver cette nom de Dieu de rue ; mais maintenant que j'y suis, je n'en bouge plus ! »

Nous étions trois accroupis sur le palier : la dame ivre, Épiphanie et moi ; mais seuls Épiphanie et moi nous sommes retournés en direction de cette voix tonitruante en provenance de l'escalier.

C'était un homme, qui se tenait sur la dernière marche comme un baryton sur une scène d'opéra prêt à entonner son air principal. Il avait la cinquantaine, des cheveux frisés, longs et négligés, un visage rond et rouge, et un petit ventre. La veste de son costume – une espèce de tissu satiné à carreaux verts et bleus – était manifestement trop petite pour lui tandis que son pantalon lui recouvrait à moitié les chaussures. Sa main droite tenait une petite valise en carton et la gauche un pardessus plié dont une bonne portion traînait sur le sol.

Lorsqu'il a été tout à fait sûr d'avoir notre attention, il a gonflé la poitrine et a lâché :

« Je m'appelle Valentin, et je suis venu visiter ! »

Il semblait jovial et gai. Certainement trop gai, et c'est ce qui m'a incité à penser que c'était un imbécile...