Hier, la Brasserie Georges, la fameuse, où, dans une vitrine, était exposée la collection particulière de Rinck, des brasseries lyonnaises. Parmi cette collection, de superbes verres émaillés dont la possibilité de l'acquisition s'est révélée impossible (possibilité impossible !?). Puis balade sur les quais de Saône et son marché aux livres. Chez un bouquiniste, j'ai trouvé un très beau Vuillard (même collection que mon Lautrec) que j'ai compulsé aux Négociants, très beau intérieur 1900 d'origine...

En lisant le Vuillard, et, plus précisément, la page 12, titre de l'une de ses première : Femme en robe à carreaux... à fleurs jaunes, je me pose la question du titre, de sa lecture, de son rapport à l'œuvre, de son utilité, bref rien que de très commun... Lisant ce titre, explicatif, descriptif, a-t-on besoin de voir la toile ? Je ne crois pas. Je pense alors à la toile vierge, immaculée, blanche, attribuée au titre explicatif. Ainsi une œuvre de 33 x 24, entièrement blanche (ou autre couleur), portant ce titre : Chien jaune qui poursuit de sa rage une femme blonde au parapluie bleu le long d'un trottoir urbain parsemé de détritus. Une autre, 52 x 26, de même blanche, portant ce titre : Clairière embrumée où huit enfants masqués diversement recréent un mythe ancestral en levant haut les bras et écartant ample les jambes : il y a du rose dominant.

18 octobre 1993