Suddenly last summer. Il me semble avoir vu le film, mais je n’en suis pas sûr. Par contre, j’ai assisté à sa représentation en français par une petite troupe d’amateurs (des enseignants, il me semble) donnée dans une salle de classe de lycée et conduite par un ami de Bakou qui avait adapté Désert et abbaye pour la scène. Il y a une bonne quinzaine d’années de cela. J’en ai oublié l’intrigue, que je redécouvre ici avec intérêt. Par contre, j’ai le souvenir du jeu de la fille qui interprétait Catherine, assez impressionnant… Je viens de l’achever, et je suis comme en suspens (suspend ?), songeur et vaguement étourdi. Oui, j’ai vu le film et me revient le chaos des images finales qui ne m’avaient rien révélé de leur secret, mais qui m’avaient laissé abasourdi. C’est le chaos qui m’avait abasourdi et non son sens, sa signification qui m’avaient échappé (peut-être l’avais-je pris en cours, peut-être n’avais-je vu que les dernières images). Et au vu de ce que je viens de lire, et d’apprendre, il me semble tout de même singulier que tout souvenir, de même, ait été oblitéré de la pièce telle que je l’avais vue. Comme si j’avais été sous le choc, un choc qui aurait tout occulté pour qu’il n’y ait de place que pour lui, le choc. Comme si la révélation aussitôt opérée effaçait son propre souvenir, et je me demande dans quelle mesure le film ne l’occulte pas, n’occulte pas la révélation pour que l’on reste dans le domaine du flou, de la brume dont l’esprit de Catherine pourrait être constitué.

« I think we ought at least to consider the possibility that the girl’s story could be true… »

« Je pense que nous devrions au moins considérer la possibilité que son récit soit vrai. »

Ce sont les derniers mots de la pièce, prononcés par le docteur qui est allé « tirer la vérité » de l’esprit  « confus » de Catherine…

(Je vois à présent Peter O’Toole dans le rôle de Sebastien et Welles à la caméra – mais je crois que c’est plutôt Huston…)

(Ou Montgomery Clift ?)

(Non, il n’a pas assez de classe.)

Je songe beaucoup à l’adaptation théâtrale de Clara

 

13 novembre 2002