Pour plaisanter, James m’avait dit, alors que je me préparais à sortir : « Tu me ramènes un cadeau ? » Je suis allé chez Bert, puis, sur le chemin du retour, je me suis arrêté à la librairie. J’avais deux ou trois idées, mais je n’ai rien trouvé de ce que je cherchais. Finalement, j’ai pris Les vestiges du jour. Je l’ai posé sur son bureau alors qu’il était à la cantine, il l’a découvert à son retour, m’a remercié. Ce matin, en arrivant, j’ai trouvé deux paquets sur ma chaise. Sur l’un d’eux, un mot de son écriture chaotique m’invitait à prendre connaissance de mon courrier avant l’ouverture desdits paquets. Il y avait un message se rapportant à mon cadeau de la veille et m’expliquant le contenu des siens. Dans le premier, se trouvait un livre d’un texte japonais qu’il avait acheté au hasard. En le tirant de son enveloppe, j’ai craint qu’il ne s’agisse d’un Ogawa (la photo en couverture a d’étranges affinités avec celle du thésaurus). Non, il s’agit de La jeune fille suppliciée sur une étagère d’un inconnu de moi, Akira Yoshimura (mais quel est le prénom, quel est le nom ?). J’en ai lu quelques pages en pensant que ce serait peut-être une bonne idée de laisser ces trois livres au bureau et de les lire ici. Depuis combien de temps n’avais-je pas lu au bureau ? Depuis la disparition de ma salle, sans doute, c’est-à-dire il y a trois ou quatre ans. J’ai pris un café avec Mylène et une fois revenu, je l’ai poursuivi en me promettant de reprendre cette habitude de lire au bureau (mais Mai, alors ?).