Légendes Tahitiennes : Civilisation

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Cette approche de la vie quotidienne du monde maohi ancien se présente sous la forme d'un récit narré par Pai-rahi à son petit-fils O'o qui n'a pas connu le Tahiti antique.

La nourriture

Manger est une chose sérieuse, mon petit O'o, hé, hé, hé... C'est pour ça que les femmes ne mangent pas avec les hommes, manger, c'est sacré.

Les aliments peuvent être mangés crus ou cuits. La cuisson se fait dans des fours enterrés, les 'umu. Tu creuses un trou dans le sable et tu superposes des couches de pierres chauffées à blanc et des couches d'aliments enrobés de feuille de bananier. Tu rebouches et tu déterres 4 heures après. Miam, miam... on dit également que les pêcheurs font griller le poisson sur des morceaux de corail chauffés à blanc. Les manahune sont répugnants !

Connais les tabous ! Certains aliments sont tabous certaines saisons, d'autres sont ra'a et seuls les ari'i peuvent les manger : les anguilles, les tortues par exemple... Tu risques de mourir si tu enfreins ces tabous, ne le fais pas mon petit. De même, le 'ava, la boisson des dieux tirée des racines de l'arbres du même nom, est réservé aux ari'i ou aux très grandes occasions pour nous les ra'atira.

La meilleure des viandes est le porc. Tu peux également manger du poulet, du chien ou du rat. C'est bon aussi. Tous les poissons comestibles se mangent à part la raie qui est le marae flottant de Ta'aroa. Mais ce que je préfère ce sont les petites crevettes d'eau douce.

Pour accompagner tout cela, tu n'a que l'embarras du choix, fruit de l'arbre à pain ('uru), la noix de coco (niu), le taro, l'igname, la châtaigne (mape), bananes, plantain, amidon de l'arrow-root, canne à sucre, etc... à ta convenance mon petit.

Un petit mot sur le popoi, pour le préparer ta mère prends de la pâte d'uru qui a fermenté dans des fosses, le ma, et elle le mélange avec du l'uru frais et des bananes. Cela tient bien au corps et c'est exquis.

Tu mangeras tes aliments avec les doigts et tu les serviras dans des feuilles de bananiers. Tu pourras te servir de plats ('umete) ou de gourde pour les liquides.

Les Vêtements

Nos vêtements sont en tapa. Le tapa est fabriqué à partir d'écorce mouillée et battu à l'aide d'un battoir. On peut utiliser l'écorce du Aute (mûrier à papier), de l'aoa (banyan), du fara (pandanus) ou du 'uru (arbre à pain). Les tapas peuvent être ornés de beaux motifs noirs, bruns, ocre ou rouges. A part, le tapa sacré qui habille les to'o, la fabrication du tapa est un travail de femme. On conserve le tapa dans des grands rouleaux qui sont des signes de richesse.

Pour le travail, mets un maro, petit pagne bien pratique. Pour séduire ou te présenter en public mets un beau pareu qui te couvrira du genou à la poitrine. Tu pourras également mettre un tiputa (poncho) ou un ahufara (écharpe). L'habit ne fait pas tout, n'oublie de t'agrémenter de fleurs, d'une plume dans les cheveux et de coquillage.

Huiles et parfums

Pour être beau, mets aussi sur toi du monoi. Tu pourras te faire préparer un monoi qui à macéré avec du bois et des fleurs de tiare. Tu sentiras bon. Le monoi fait luire ton corps et tes cheveux.

Le monoi ne suffit pas à te donner une bonne odeur, rase toi avec une dent de requin et lave-toi dans la rivière ou dans la maison des bains chauds de notre famille.

Maohi tatoué de Nu'u HivaTatouages

Regarde mes beaux tatouages, je n'en ai pas autant qu'un ari'i ou qu'un 'arioi, mias j'ai souffert pour les avoir. Les tatouages sont géométriques ou peuvent figurer toute sorte de choses: des plantes, des maisons, des animaux.

Les tatouages peuvent couvrir entièrement le corps des plus riches, mais jamais la tête. Un tatoueur coûte cher. Regarde, le Tahu'a tatau m'a domandé 1 cochon et deux poulets pour cette belle figure.

Les tatouages des ari'i représentent souvent leur filiation, ceux des 'arioi par contre indiquent leur rang dans la secte. Certaines groupes ont des tatouages spécifiques, comme ces sales guerriers mehiti chargés de ramener des poissons à deux pattes pour 'oro.

L'artisanat

Les artisans et les femmes utilisent tout ce que la nature leur donne pour fabriquer nos objets. Tu pourras également facilement créer toi-même des gourdes, des cordes, des armes.

Les arbres nous sont très utiles. De l'écorce nous faisons le tapa et les cordes, des feuilles les voiles et le toit des maisons, des fruits des gourdes et des calebasses, du bois des armes, les bateaux, les maisons, les meubles (tabourets, repose-tête), les 'umete pour les 'ava...

De la pierre, on peut réaliser des ti'i, des bornes pour les frontière du mataiena'a et de grands marae. Les os et les dents des animaux servent pour les hameçons, les poinçons, les bijoux. Les cheveux sont utilisés pour faire de belles cordelettes.

L'habitat

Le fare est notre maison. Le fare comporte une pièce et peut être complètement fermé ou ouvert à tous vents. Il y a des fare pour tout : un fare pour dormir, un fare pour manger, un fare pour les bains, un fare pour les bateaux, un grand fare pour les les spectacles 'arioi, un fare pour les réunions, un petit fare pour les dieux...

Les fêtes

J'ai participé à de nombreuses fêtes, il y en a souvent ici, des fêtes où l'on mange, où l'on chante et où l'on danse, mais les fêtes que je préfère sont celles données à l'occasion des 'upaupa, représnetations données par les 'arioi, et pour le heiva, le mois des fêtes.

Les 'upaupa sont de grandes fêtes lors desquelles les 'arioi font leur spectacle : chant, danse, acrobatie, moqueries... J'adore quand les 'arioi s'en prennent à un ari'i etse moquent de lui ouvertement. Il devient rouge de rage mais ne peut rien faire, les 'arioi sont protégés par 'oro et frapper un 'arioi en spectacle est tabou. On mange du cochon pendant le 'upaupa, on y danse, on y chante et cela se termine souvent par une partie de corps à corps avec une vahine.

Pendant le heiva, c'est la trève, pas de guerres et de grandes festivités sont organisées : des fêtes, des concours et des jeux de toute sorte. Les champions et championnes de mataiena'a s'affrontent à la lutte, au tir à l'arc, à la boxe, au surf, au jeu collectif de crosse, à la danse, c'est un mois très agréable où il est possible de briller.

Les voyages

Un jour, comme beaucoup de Tahitiens, l'envie du voyage te prendra les tripes, quitter ta vallée, parcourir l'océan, voir d'autres îles, d'autres visages...

Si le bateau est bien fait, les voyages entre îles de l'archipel sont courts et généralement sans souci. Les pilotes se répèrent aux étoiles, à l'odeur des courants, au soleil ou aux mouvements des oiseaux.

Mais nous les maohis sommes capables de voyager beaucoup plus loin, nos sages connaissent les routes pour aller aux Paumotu, dans îles du Sud, à Havai'i-a et même à Aotearoa ou à Nu'u-Hiva.

Dans les temps anciens, des groupes entiers décidaient de partir chercher une nouvelle terre, avec les renseignements des sages et les présages des dieux, ils déterminent une direction. Ils collectent des pousses de cocotiers, d'uru, de fara, d'aute, de taro, des couples de porcs, de chiens, de rats et de poulets, pour colonniser les nouvelles terres. Ils prennent beaucoup de popoi et partent à l'aventure...

Les bateaux

De la pirogue à balancier jusqu'aux grands catamarans d'expédition océanique (jusqu'à 25 mètres), il existe toute sorte de bateaux. La voile faite en feuille de fara ou en tapa et la rame sont utilisées pour filer sur l'onde.

La coque est faite d'un seul tronc pour les pirogue, elle est constituée de nombreuses planches cousues et rendues étanches avec de la bourre de coco pour les catamarans importants. Le pont des grands bateaux disposent d'un foyer pour faire cuire les aliments et d'un petit marae pour les offrandes aux dieux. La proue des navires de guerre s'élève très haut au-dessus des flots. Elle est décorée afin d'intimider les ennemis et sa hauteur permet de leur lancer toute sortes de projectiles.

Les constructeurs de bateaux sont chez nous des gens très respectés queque soient leur caste.

La guerre

La guerre naît de l'agitation qui est un des comportements propres aux hommes comme la moquerie, la connaissance et la sagesse. De façon plus directe, la guerre est déclenchée quand un acte répréhensible n'a pas eu de réparations : un ari'i inférieure refuse d'obéir à un ari' d'un rang plus élevé, des vols ou des meurtres ont été commis, quand une borne de territoire a été déplacée...

Avant de faire la guerre, on s'assure que les dieux nous sont favorables par des cérémonies sur le marae et la lecture des présages. Si tu apprends que les signes sont mauvais, sauve toi dans la montagne !

Les batailles peuvent se dérouler sur terre ou sur mer dans un endroit prédéterminé. A Tahiti, les armées se rencontrent souvent sur terre à l'isthme de Taravoa qui sépare Tahiti-nui de Tahiti-iti. La bataille commence par des insultes et des moqueries que se lancent les 'orero pour rendre furieux les adversaires, des champions de chaque armée s'affrontent puis les troupes se jettent l'un contre l'autre. J'adore la première partie de la bataille qui est un déchaînement d'insultes, tu en apprendras de belles sur nos ari'i, leurs ancêtres cachés, leurs travers et autres coucheries...

Les guerriers viennent de toutes les castes, les manahune lancent des pierres à main nue ou à la fronde, les ari'i disposent d'armes personnelles : les to'oto (lance courte) et les 'omore (massue). Nous nous battons généralement avec des lances de guerres ayant deux fois notre taille, les toa. Les guerriers professionnels s'appellent les Toa, certains sont honorés pour leurs exploits et leur bravoure et portent un casque particulier, leFau. Si tu abats un fau à la bataille, ton renom sera grand, mais c'est un jeu dangereux.

Tu sais que ce sont les hommes qui se battent mais les femmes peuvent être présentes à la guerre. Certaines femmes ari'i aiment se battre et commander des troupes mais tu trouveras également des femmes chargées de récupérer les corps de membre de leur famille pour empêcher l'adversaire de les humilier et de leur faire subir l'aha-tu.

Les rau-ti sont des orateurs chargés d'exciter et d'encourager leur troupe tout en rendant furieux les adversaires. Ils parcourent le champ de bataille en hurlant des invectives, faisant tournoyer les feuilles de Ti qui habillent leur bas - ventre et leurs mains et donnant des coups de dard de raie. S'ils tombent sur le corps d'un ennemi, ils le trouent avec une serpe et s'en revêtent tel un poncho.

Les parties selon l'issue de la bataille trouvent généralement un terrain d'entente mais il arrive que les vainqueurs dévastent le territoire des vaincus. Ils coupent les fara et les cocotiers, brûlent les fare, tuent tout ceux qui croisent leur chemin, femmes, enfants, vieillards, chiens et déplument les to'o, les statues des dieux. Mieux vaut alors faire un 'upu au dieu Tu-qui-protège-les-fuyards et courir jusqu'à la forteresse de montagne le Pare.

Les objets de valeur

Dans ta vie, il existe de nombreuses choses qui démontrent ta richesse : ton embonpoint tout d'abord, le nombre des cochons, les rouleaux de tapa, la Terre que tu possèdes, les plumes que tu peux offrir au marae ou aux ari'i, les rouges étant les plus précieuses.

Une façon de montrer sa richesse est d'offrir des cadeaux : des plumes, des vêtements, des cochons, un festin... Quand tu reçois un cadeau, tu dois toujours offrir un contre-cadeau. La valeur du cadeau que tu fais doit être bien appréciée. Elle dépend du rang de la personne en face de toi et de ce que tu veux montrer. Tu peux humilier quelqu'un, l'honorer ou lui montrer ta fidélité !

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