Légendes Tahitiennes : civilisation Le Cadre : Présentation |
La société tahitienne - Les îles - La Religion - La Magie - La vie quotidienne
Cette page se veut un complément au récit de O'o sur les îles pour apporter une vision plus occidentale du cadre de Légendes Tahitiennes et souligner les originalités du Jeu.
Les Originalités du Cadre
Plusieurs éléments du décor et de la civilisation tahitienne contribuent à l'ambiance originale du jeu. Vous trouverez plus de détail dans les pages suivantes. En voici quelques uns en vrac :
* les îles : les lagons turquoise côtoient les pics volcaniques. Les personnage pourront relier les différentes îles du Pacifique à la nature enchanteresse avec leurs catamarans sans métal.
* la société : fort hiérarchisée, la société tahitienne accorde une grande importance à la généalogie des chefs. "Bonjour, je suis Te-muri, fils de Ru-roa, fille de Iore-Poa, descendant direct du dieu Ro'o" Les relations entre personnes de castes différentes apportent du piment au jeu.
* des professions originales à jouer : orateur-généalogue défendant la lignée du chef qui l'emploie, comique professionnel vénérant le dieu guerrier 'oro, sorcier bichonnant ses esprits affiliés et récoltant excréments et rognures d'ongle pour envoûter ses ennemis, orateur-excitateur portant caché dans des feuilles son dard de raie, pilote de catamarans sachant se diriger aux étoiles et à l'odeur des courants...
* le sacré et le profane : il est dangereux pour quelqu'un de profane de toucher ce qui est sacré : les prêtres, les chefs, les endroits ou les nourritures sacrés, etc... Cela apporte le mahuruhuru, la salissure divine qui amène maladie et malchance, d'où l'invention des tabous qui protègent les profanes par des interdictions.
* la langue : la plus pauvre en consonne du monde, vous vous habituerez au vocabulaire tahitien : tahu'a, ari'i, tapu, 'uru...
* la religion : le culte et les cérémonies sacrées où les prêtres convoquent les dieux s'effectuent sur des plateformes de pierre, les marae, où les sacrifices humains ne sont pas rares. Les innombrables dieux tahitiens sont turbulents et puissants.
* la technologie : pas de métal, pas de tissu, pas d'argent, les tahitiens fabriquent leurs outils et ustensiles à partir de végétaux et de pierre ; les objets de valeur sont les plumes, les cochons et les rouleaux de tapa...
* les moeurs : pas de prison (mais des sacrifices humains), pas de loi (mais des tabous), pas de contrainte concernant le sexe ou la violence (à part la vengeance), le droit d'être fiu (fatigué, las, envie de rien faire), des valeurs fort différentes ...
Histoire Des Maohis
Les tahitiens (ou maohis) sont des représentants d'un peuple plus vaste qui a conquis les eaux de l'Océan Pacifique, le peuple maori. Les origines et les migrations des maoris restent un grand sujet de spéculations parmi les archéologues et les historiens. Le principal objet de débat est de savoir doù vient ce peuple, qui, sans connaître le métal, a colonisé les îles dun domaine océanique de plusieurs millions de kilomètres carrés. Parmi toutes les théories avancées, des plus sérieuses aux plus farfelues, quelques éléments de vérité semblent se dégager quant à lhistoire des maoris.
LORIGINE DES MAORIS
Les ancêtres des maoris, les austronésiens, sont originaires du sud-est asiatique. On pense aujourdhui que Taiwan pourrait être lorigine des peuples austronésiens. Cette hypothèse se fonde sur des évidences linguistiques. La langue maorie est en effet proche des langues indonésiennes. De nombreux historiens pensaient que les maoris venaient dAmérique et se sont efforcés par des moyens plus ou moins scientifiques de le démontrer. Un faisceau de preuves (la langue, lancienneté des peuplements, ...) démontre le contraire. Les maoris sont bien originaires dAsie. Cependant, des mystères persistent. Par exemple, la 'umara (patate douce), présente dans toutes les îles polynésiennes, est pourtant une plante dorigine américaine.
Les peuples austronésiens avaient une grande habileté à la navigation dès les premiers temps de lhistoire. Les premières traces de bateaux de haute mer dateraient de -5000 avant Jésus-Christ. Apparemment, une civilisation appelée lapita auraient commencé à coloniser la Mélanésie à partir de 2200 avant J.C rencontrant les papous, déjà présents dans cette région. Ils continuèrent leur migration plus à louest et ils atteignirent Tonga et Samoa vers -1200.
LES LAPITA
On appelle cette première civilisation austronésienne Lapita du nom dun site mélanésien où lon a trouvé des poteries caractéristiques. Ces poteries sont identiques à celle des premiers maoris de Tonga. La civilisation Lapita couvrait donc la Mélanésie, Tonga et Samoa. Labandon ultérieur de la poterie, sûrement dû au manque dargile, marque le début de la singularisation de la civilisation maorie. Les lapita restés en Mélanésie se seraient fondus dans les populations papoues pour créer la civilisation mélanésienne.
LES PREMIERES MIGRATIONS MAORIES
Létape suivante de lhistoire des maoris correspond aux grandes migrations qui eurent lieu, pense-t-on, vers le deuxième siècle avant Jésus-Christ. Ces migrations vont amener la colonisation par les maoris de larchipel maohi (Tahiti) et de Te Henua Enata (Marquises). La raison de ce flux migratoire reste inconnue: surpopulation, faits daventuriers, guerres, exil ..? Il est possible que plusieurs de ces hypothèses se soient conjuguées. Le nom de la première île à être colonisée reste un point de discorde parmi les spécialistes. Le site dhabitation le plus ancien retrouvé à ce jour se trouve sur un îlot dans le lagon de Maupiti. Il est également possible que les migrants se soient arrêtés lors de leur périple de plus de 1500 kilomètres dans larchipel austral.
On ne sait pas par quel moyen les samoans de lépoque ont pu atteindre ces poussières dans locéan infini. Sont-ils partis à laventure ou ont-ils eu connaissance de ces terres en y étant déroutés accidentellement ? Sont-ils les rescapés de nombreux essais infructueux ? En tout cas, ils migrèrent en nombre important et emportèrent sur leur terre daccueil les plantes et animaux qui leur étaient nécessaires: taro, igname, arrow-root, bananier, chien, poulet, rat, porc, etc... ce qui témoigne dune colonisation volontaire.
LA CONQUETE DU TRIANGLE MAORI
Cest ensuite à partir de Tahiti et de Te Henua Enata que les maoris, dans une seconde étape de leur histoire, partirent à la conquête des autres îles du triangle maori. Ils atteignirent Rapa-nui vers 500 après J.C, Hawaï vers 600 et enfin Aotearoa, la dernière des grandes migrations, vers 800. Ces trois archipels forment les sommets de laire de population maorie, appelée triangle polynésien. Ce triangle a des côtés longs de 11000 kilomètres et pourraient contenir trois fois lAmérique du Nord.
Des contacts semblent sêtre longtemps maintenus entre Tonga, Samoa et les autres îles. Avec le temps, ils satténuèrent et finirent par disparaître. Des rapports existèrent pourtant durant très longtemps entre archipels éloignés comme Hawaï et Tahiti. Les voyages entre archipels proches ou à lintérieur dun même archipel ne cessèrent jamais. Une grande unité culturelle subsistait dailleurs entre les différents peuples maoris à larrivée des européens. Le capitaine Cook fit dessiner à un arii (noble) de Tahiti une carte. Sur cette carte figuraient des îles aussi lointaines qu Hawaï, Mangareva, Rotuma ou Rarotonga.
LA FIN DE LA CIVILISATION MAORIE
La découverte des îles par les européens au cours du XVIIIème siècle fut une sensation. La vie des maoris fut au centre de toutes les curiosités. Cétait un peuple semblant vivre très librement dans une nature luxuriante, obéissant à une morale naturelle ... le paradis terrestre en somme. Les qualités nautiques et les connaissances maritimes des maoris furent également sujets détonnement. Mais dans le sillage des explorateurs vinrent les missionnaires, les marchands et les baleiniers. La civilisation maorie fut très vite anéantie. Partout le christianisme, les robes missionnaires et la perte des racines sinstallèrent avec une grande rapidité. Les maladies européennes, les fusils et le désespoir faillirent vaincre ces peuples. Certains dentre eux furent même au bord de lextinction : les Enata (marquisiens) étaient environ 200 000 avant larrivée des européens, ils furent réduits à quelques 2 000 individus à laube du vingtième siècle. Autre exemple: à Rapa-nui, un bateau péruvien captura en 1862 la moitié de la population dont le roi et tous les lettrés pour travailler dans les mines de guano, seuls quatre revinrent, (avec des maladies européennes) laissant 600 insulaires à larrivée des missionnaires.
Mais la colonisation européenne nest pas le sujet de ce jeu. Nous nous étalerons davantage sur la civilisation maohie avant larrivée des européens. Nous nous contenterons donc de vous conseiller la lecture des Immémoriaux de Victor Segalen.
Autres terres maories
La civilisation maohie appartient à une civilisation plus vaste, appelée polynésienne ou maorie. Les archipels peuplés par les maoris partagent une culture et une langue très proche. Société hiérarchisée, sorcellerie, tabous, compétences nautiques sont présents dans toutes ces îles. Les catamarans des personnages joueurs auront soif de nouveaux horizons et ce chapitre se propose une rapide description des archipels du triangle maori et de quelques autres cultures de locéan Pacifique.
Les archipels du triangle maori
Tonga (Toa)
Tonga est un archipel constitué dîles basses et dîles hautes. Tonga est au coeur du monde maori car cest ici que cette culture sest distinguée de la culture précédente appelée lapita. Cest également à partir de Tonga que les maoris partirent pour coloniser lensemble du triangle maori. A Tonga sest épanoui un royaume dont la dynastie est aujourdhui toujours au pouvoir. Le roi de Tonga est très expansionniste et à certaines périodes, les Samoa font partie de son empire. A son apogée, il établit même des colonies jusquen Mélanésie.
Samoa (Hamoa)
Samoa est aussi un des plus vieux établissements des ancêtres des maoris. Comme Tonga, il fut le lieu de départ de nombreuses migrations. Souvent en guerre avec Tonga, avec larchipel du dieu Au ou avec les rotumans, les samoans furent même esclaves des tongans à une certaine période. Les Samoa sont aujourdhui divisées en deux entités politiques: les Samoa américaines sous tutelle des USA et les Samoa Occidentales, état indépendant connu pour son équipe de rugby. Le chef samoan, le matai, a la particularité dêtre élu par ses pairs. Les décisions politiques se prennent lors dassemblées de chefs appelées fono.
Larchipel austral (Maaia)
Sous ce nom se regroupent les actuelles îles australes et îles Cook. Ces îles sont proches culturellement de Tahiti et Havaii mais disposent de traits propres. Les îles principales sont Tupuai, Rarotonga, Mangaia, Raivaevae, Rurutu et Rapa. Les éléments les plus connus de ces îles sont les proues sculptées de Rarotonga, les dieux bâtons et le pa (forteresse) dominant lîle pelée de Rapa. Certaines entretiennent des relations soutenues avec Tahiti car elles abritent de nombreux perroquets rouges dont les plumes avaient une grande valeur.
Les Paumotu
Les Paumotu (aujourdhui Tuamotu) sont des îles coralliennes avec très peu de reliefs. Leur culture est proche de celle de Tahiti. Cependant, leur mode de vie est assez différent du fait de la difficulté des conditions. Les Paumotu sont réputées à Tahiti pour leurs théologiens, leur cannibalisme et leurs perles. Les karioi, équivalents paumotu des arioi, forment davantage une bande de jeunes débraillés quune secte de véritables baladins. Les îles proches de Mangareva (actuel archipel des Gambiers) sont des îles hautes et plus froides qui font partie du même ensemble culturel.
Te Henua Enata (Hiva)
Te Henua Enata est une terre abrupte formée dîles volcaniques aux paysages déchiquetés. Labsence de lagon y rend la mer dangereuse. Les Enata aiment la guerre et offrent de nombreux sacrifices humains à leurs dieux, Tu et Tane en tête. Ils construisent de nombreuses et parfois gigantesques terrasses pour surélever leur maison. Les Enata sculptent également de très grandes statues du dieu créateur de lhomme, Tiki. Te Henua Enata est une terre populeuse où chaque vallée est indépendante. Aujourdhui appelé îles Marquises, cet archipel est maintenant très peu peuplé, mais restent un conservatoire des traditions artistiques maories.
Aotearoa
Le long nuage blanc est la signification maorie de Aotearoa. Ici en effet, les Maoris trouvèrent le froid et la neige. Lactuelle Nouvelle-Zélande est beaucoup plus diverse et étendue que toutes les terres quavaient connues les maoris. Colonisé à partir de larchipel maohi, Aotearoa fut dabord le théâtre dune adaptation aux conditions locales. Beaucoup de plantes et danimaux (en particulier le cochon et la poule) ne purent prendre pied sur cette terre. Les maoris vécurent dabord en semi-nomades puis se fixèrent lorsque leurs techniques agricoles le permettèrent. Ils apprirent ainsi à tisser le lin, à stocker les kumara (patate douce) et à cultiver les pousses de fougères. Les maoris vivent en constant état de guerre. Leurs pa (forteresse) donnèrent dailleurs beaucoup de fil à retordre aux anglais. Leurs sculptures exubérantes sont également très originales.
Hawaïi (Havaii -a)
Hawaï fut colonisé à partir de Tahiti. Il sagit dîles volcaniques comportant des volcans encore en activité. Les rapports entre classes sont ici particulièrement ritualisés et soumis à de nombreux tabous. Les hulas, organisation de baladins errants "sponsorisés" par les alii (les nobles), amènent un peu de douceur et de créativité dans cette société. Par contre, les colères de la déesse des volcans, Pele, y amènent le feu et la fureur. Le dieu de la guerre Ku est représenté dans des grandes statues grimaçantes en osier ou en bois.
Rapa-nui
Rapa-nui est plus connue sous le nom dîle de Pâques. Selon la légende, elle fut colonisée par chef Hotu-Matua ; on suppose que lîle resta ensuite isolée du reste du monde maori. Ses immenses et célèbres statues, les Moai, se dressent sur les autels, les Ahu. Mais dautres facettes étonnantes forment le caractère de cette île comme les multiples grottes, les tablettes dune écriture indéchiffrée (les Rongo-rongo) ou encore la course de lhomme-oiseau visant à ramener le premier oeuf de lannée en lhonneur du dieu Make Make. Cest une île de mystères et dinconnu.
les autres îles
Dautres îles, plus petites, font également partie du monde maori. Certaines étaient inhabitées à larrivée des européens mais comportaient des traces des maoris. Lactuelle île Pitcairn par exemple (lîle des mutins du Bounty) a longtemps supporté une population maorie. Les actuelles îles de la Ligne servirent de relais entre Tahiti et Hawaï. Les maoris peuplèrent également des îles de régions plus éloignées comme Kapimarangi en Micronésie ou Rotuma au nord des Fidji. Les Tongans avaient par ailleurs des colonies en Mélanésie.
Les régions et les peuples proches des maoris
Les mélanésiens
Les mélanésiens ont la peau noire et partagent de très nombreuses similitudes culturelles avec les maoris. Ils utilisent les mêmes techniques et ont des langues proches du maori. Leur société est moins stratifiée et leur culture et leurs mythes ne sont pas homogènes. Deux hypothèses quant à leurs origines cohabitent ; ils auraient commencé leur migration du sud-est asiatique au côté des ancêtres des maoris ou ils seraient le résultat de la synthèse des ancêtres des maoris avec les indigènes papous.
La Mélanésie correspond aux actuelles îles Salomon, aux Vanuatu et à la Nouvelle-Calédonie. Des mélanésiens vivent également dans les aires de peuplement papou. Dans certaines îles mélanésiennes, les tongans formèrent par ailleurs des colonies.
Fidji
Les fidjiens sont à lorigine mélanésiens, mais leur nombreux contacts avec leurs voisins maoris transforma leur société qui devint une société hybride des deux cultures.
De plus, il existait des échanges de femmes entre Fidji et Tonga dus à des alliances ou à des raisons sociales. A Tonga en effet, mieux valait épouser une étrangère quune femme qui nétait pas de son rang.
LAustralie
Les Australiens neurent certainement jamais aucun contact avec les maoris malgré la proximité relative dAotearoa. Appartenant à une race propre, les habitants de ce continent étaient selon les standards occidentaux très primitifs. En effet, ils étaient des nomades dont lobjet le plus technologique étaient le boomerang. Cependant, la richesse des mythes est extrême. Les australiens croyaient à un temps mythique, le temps du rêve, durant lequel les esprits du rêve façonnèrent le monde et continuent de le façonner par leurs actions; les rêves sont des liens avec ces esprits du rêve. Le totemisme est également très présent, on considère en effet que ce sont des esprits du rêve qui fécondent les femmes. Cette vue des mythes aborigènes est très schématique, mais cest ce que pourront éventuellement comprendre des maoris entrant en contact avec des australiens.
La Papouasie
Les papous ne sont pas dorigine austronésienne comme les mélanésiens et les maoris, leur langue et leur culture sont différentes. Ils vivent sur lîle de Papouasie et les îles à louest de cette grande île. Le climat y est tropical et la diversité écologique est beaucoup plus importante que dans les îles maories.
La première remarque à faire à propos des papous est quils constituent un ensemble de peuples très divers, il y a plus de 160 langues papoues et les cultures des différentes tribus varient énormément. En règle générale, la société nest pas hiérarchisée par la naissance ou les origines divines. Le plus riche devient le chef. Ainsi chacun a sa chance de devenir un jour chef de la tribu. La richesse sévalue surtout au nombre de cochons possédés et à la taille de leurs défenses. La maison des hommes est le centre dun village, il sagit dimmenses maisons où logent la plupart des hommes dun clan.
Des sociétés "secrètes" existent chez les papous, mais elles sont assez différentes des arioi ou des hula. Elles ont une fonction de prestige et une connotation magique. On monte dans leur hiérarchie par des exploits réalisés dans la société ou en payant. La société Dukduk est la plus connue de ces sociétés.
Lart papou est très développé. Le côté esthétique des objets, des masques, des parures jouent un grand rôle. Dans la vallée du Sépik en particulier, linventivité est reine et les artistes sont propriétaires des inventions techniques et artistiques quils ont créées. Ils pouvaient vendre ou échanger leurs procédés et leurs motifs.
La guerre et le cannibalisme font également partie de la vie de la plupart des tribus papoues qui ne connaissent pour la plupart pas les métaux. Seul à lest, certaines tribus avaient des contacts avec des marchands de lactuelle Indonésie et se procuraient des objets en fer et en bronze.
La Micronésie
La Micronésie regroupe des archipels dîles basses se situant au Nord-Ouest du monde maori. Les insulaires de ces îles, bien que mongoloïdes, sont différents des maoris. Les archipels selon leur emplacement subissent plus ou moins fortement des influences des trois grandes régions proches de la Micronésie (Mélanésie, Polynésie et Asie). En Micronésie ont vu le jour certains états centralisés et des constructions mégalithiques. A Ponhpei (Ponape en maori), la ville de Nan Madol bâtie sur des ilôts dans une lagune tente dimposer sa loi et rivalise avec Kosrae (Kusaie en maori) où sélèvent des mégalithes et des voies pavées. De leur côté, les habitants de Yap ont inventé une forme de monnaie en pierre et sen servent pour commercer avec les îles voisines.
Les sociétés micronésiennes sont moins hierarchisées que les sociétés maories, mais une classe noble existe parfois. Les dieux sont locaux et la puissance de la théocratie varie. Ici, le mot dordre est très souvent la survie. Les micronésiens sont comme les maoris de très grands navigateurs.
Larchipel du dieu Au
Larchipel du dieu Au correspond aux actuels états de Kiribati et Tuvalu, les anciennes îles Gilbert et Ellice. Ces insulaires sont micronésiens, mais leur société est fortement influencée par le modèle maori.
Les insulaires croient quils ont été exilés dun pays à louest sappelant Matang où les habitants ont la peau blanche. Un jour, lexil prendra fin et les habitants de Matang viendront dans les îles. De nombreux dieux peuplent Matang. Le plus marquant est le dieu du soleil, Au, qui protège les habitants de larchipel.
Il existe dix clans dans ces îles. Le clan dirigeant est le clan du soleil, suivi de celui de la lune. Lennemi du clan du soleil est celui du requin. Ces clans ne correspondent pas à des entités géographiques, mais à des unions de familles quon retrouve dans chaque village.
Lordre des clans est plus une question de prestige et de préséance que de pouvoir. La plupart des questions touchant un village sont discutées à la maneaba, une maison commune.
La guerre est fréquente et oppose les insulaires de ces îles entre eux ou les confronte aux samoans et tongans. Manger loeil de son ennemi permet de sapproprier son mana.
LAmérique
Lexistence de contacts entre le monde maori et lAmérique constitue un des grands mystères couvrant lhistoire du Pacifique. Si lhypothèse du peuplement des îles par lAmérique est aujourdhui écartée, certains éléments permettent de penser que des maoris ont foulé le sol américain. En effet, la kumara, la patate douce, est une plante quon ne trouve quen Amérique et les navigateurs maoris étaient capables de sy rendre; lîle de Rapa-nui en particulier est proche des côtes de lAmérique. Au Maître des Légendes de décider ce quil en est dans sa campagne.