Légendes Tahitiennes : civilisation

La Société Tahitienne

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Cette approche de la société tahitienne ancienne se présente sous la forme d'un récit narré par Pai-rahi à son petit-fils O'o qui n'a pas connu le Tahiti antique.

Mon petit O'o, il est très important que tu saches qui tu es et qui tu n'es pas... On ne mélange pas les poulets et les cochons ni le tapa et la fiente de rat. Respecte les tabous de ton rang et de ta condition sinon les dieux ou les ari'i viendront te chercher querelle : tu finiras avec une fièvre horrible insinuée par l'esprit du corail qui te déchirera les intestins ou comme poisson à pattes sur le marae... Alors écoute bien : je vais te parler des castes, de la famille, du royaume, des différence entre sexes et de ce que tu dois faire et ne pas faire...

Les Castes

Il y a trois grandes castes à Tahiti :

* les ari'i sont nos chefs, ils descendent des dieuxet ont un grand ra'a. Surtout les plus grands d'entre eux, les ari'i rahi, ne les Ari'i Maro'uratouche pas, ne rentre pas dans leur fare, ne mange pas leur nourriture, ne touche pas leurs femmes... Ne parlons même pas des prêtres en exercice, les tahu'a pure, les dieux parlent par leur bouche, tu pourras les reconnaître au bandeau de tapa qu'ils portent au bras quand ils sont habités par les dieux... et encore moins le roi, l'ari'i maro'ura (à la ceinture rouge), tu dois te découvrir le torse à son passage et t'agenouiller, ne prononce jamais son nom, s'il s'appelle Pomare (tousser) dit Mopare pour dire tousser dans ta conversation...Su tu as la chance de lui adresser la parole, dis Maeva et non Ia Ora pour le saluer !

Quant aux ari'i ri'i, les ari'i de moindre importance, ils sont presque nos égaux, oublie toutes ces règles...

* les ra'atira sont la classe à laquelle tu appartiens, nous sommes les descendants des enfants qu'ont eu les premiers ari'i avec des femmes manahune. Dans notre sang coule également le mana des dieux, fais toi donc respecter des manahune. Notre caste fait vivre Tahiti, nous fournissons des guerriers, des porteurs, des orateurs et des hommes de confiance aux ari'i. Nous dirigeons également des terres que nous cultivons ou faisons cultiver. Les meilleurs artisans sont ra'atira.

* les manahune ne descendent pas de dieux, ils ont juste été fabriqué par eux. Certains disent qu'ils descendent du ver de terre, cela ne m'étonnerait guère. Ils sont souvent petits et noirs de peau, ils sont souvent fiu...

Cependant, ils peuvent avoir un certain mana et accéder à de bons métiers. Quand tu as à faire à un artisan ou un 'arioi, fie-toi plus à son talent et à son mana qu'à sa caste d'origine. Il faut toujours respecter les bons artisans et les 'arioi de bon rang quelque soit leur caste. Les sorciers également mais pour d'autres raisons, eh,eh,eh ....

Les 'arioi

Les 'Arioi sont des conteurs, des danseurs, des bouffons et des baladins tatoués et errants. Ils ont le pouvoir d'améliorer la fécondité et la fertilité. Leur arrivée dans une vallée - à partir de fin novembre - signifie le retour de l'abondance.

Dans chaque district, un grand fare leur est réservé. Ils y sont nourris par la population dont ils peuvent tout exiger. Ils présentent leur spectacle, les upaupa. Tout leur y est permis, même de railler les ari´i. Lors de ces spectacles, les arioi de bas rang se couvrent le corps de noir avec du charbon de bois et le visage de rouge.

Les arioi peuvent se frotter le ventre avec qui ils veulent mais ils n´ont pas le droit d´enfanter. Leurs enfants sont donc tués à la naissance. Ils ont le droit de se marier et deviennent alors des maris (ou des femmes) très jaloux (ses). La règle de l’infanticide ne s’applique pas aux chefs arioi.

Méfie toi des apparences : les ‘arioi sont bien plus qu'une bande de bardes errants et forniqueurs: ils se trouvent sous la protection du dieu ’oro, dieu de la guerre, et ils en véhiculent le culte. Ils peuvent d´ailleurs parfois faire la guerre. Selon la légende, les ’arioi sont un cadeau de ’oro à ses deux frères ‘urutetefa et ‘orotetefa, les patrons de la secte.

Les sages disent que la société des 'arioi était au départ ouverte aux seuls ari’i puis aux élèves baladins les plus doués indifféremment des classes. Elle a évolué en une société à huit grades dont les grades supérieurs sont réservés aux nobles, les Ari'i. Le centre de la secte se situe à Opoa dans l´île de Havai´i. Il existe également un chef ‘arioi pour chaque île. Les ‘arioi se regroupent à Opoa à partir de mai puis se déplacent pour donner leurs spectacles à partir de novembre au moment du mûrissement de l’uru.

Les membres sont recrutés dans toutes les classes de la société quelque soit leur sexe et passent pour cela une sorte d´examen où ils doivent entrer en transe (état nevaneva) et faire preuve de leur talent artistique et oratoire. Il faut montrer sa valeur pour atteindre les degrés suivants. Il y a huit degrés auxquels se rajoutent les statuts d´apprenti et d´arioi fixe. Les arioi fixes préparent l´arrivée des arioi dans un district et organisent leur visite. Chaque degré a ses propres tatouages qui se superposent sur les tatouages précédents et qui diffèrent de ceux des ari´i.

Voici les différents rangs:

Les poo sont les novices, ils sont acceptés s’ils sont pris d’un état nevaneva et s’ils ont font montre d’un talent de comédien.

Après leur initiation et une fête tenue par leurs parents, les poo deviennent membres du premier rang, le Taru-tatu (en maohi: épine pointue). Les tatouages de ce rang sont des petites marques dans le creux des genoux. Les jeunes arioi s´ornent alors de feuilles de barringtonia rouges et jaunes.

Le deuxième rang s´appelle ohe-mara (en maohi: tambour mur). Leur tatouage distinctif est un cercle autour de la cheville.

Le troisième rang s´appelle atoro (en maohi: rayure). Leur tatouage est une ligne sur le flanc gauche. Ils ajoutent à leurs vêtements des feuilles de fei jaunes.

Le quatrième ordre s´appelle hua (en maohi: petit) et leur tatouage distinctif se compose de deux et trois points sur chaque épaule. Ils portent une ceinture de fibre de coco au-dessus de leur maro et une coiffe de feuilles.

Le cinquième rang est le rang otiore (en maohi: inachevé). Leur tatouage spécifique couvre les mains, les bras et les épaules. Ils portent des guirlandes et des couronnes faites d´une liane jaune, le tainoa.

Le sixième rang, le taputu (en maohi: entassé) a un tatouage fait de courbes et de lignes droites partant du bas du dos jusqu´au milieu du dos. Ils portent les mêmes ornements que les otiore mais faits avec des feuilles d´opuhi (gingembre).

Le septième rang s´appelle harotea (en maohi: dessin léger). Une croix est tatouée de leurs aisselles jusqu´au devant de leur ventre. Ils portent des ornements similaires aux taputu mais faits de feuilles de Ti.

Le huitième rang est celui des arioi maro´ura (en maohi: arioi à la ceinture rouge ou arioi royaux). Leurs jambes sont tatouées et portent des imitations burlesques de vêtements royaux. Leur nombre est limité et ils ne sortent que du rang des ari´i.

Les arioi fau fenua sont des arioi retirés.

Les arioi fanaunau sont des arioi qui ont été exclus. Honte à eux !

Les arioi papa-tea (en maohi: corps clair) organisent la venue des arioi dans leurs districts.

Aux Paumotu, le principe de la secte de baladins existe également. Ils sont appelés Karioi. Les karioi ont un rôle moins religieux et constituent un passage obligé de beaucoup de jeunes gens. On ne reste d’ailleurs Karioi que dans la jeunesse.

La famille, la filiation

La famille est ton environnement le plus familier et le plus important. Ta famille, ce n'est pas seulement de ton père, ta mère, ce qui vivent dans ton fare ou l'oncle qui t'a élevé, c'est tous les gens qui partage une ascendance directe avec l'ancêtre commun. Ne commets pas d'injustice envers ceux de ta famille et respecte les amitiés et inimitiés de ta famille...

La filiation est quelque chose de très important : ce que sont tes ancêtres déterminent ton rang dans la société. La filiation d'un ari'i est direct avec celle d'un ou de plusieurs dieux. Les ari'i importants ont un 'orero (généalogiste) qui déclament leur filiation et en cas de besoin démontrent sa supériorité. Nous, ra'atira, avont une filiation indirecte avec au moins un dieu et une filiation directe avec une ancêtre ari'i.

Mêmes les choses ont une filiation, elle est importante quand elle est l'enjeu de mana. En effet, le mana se transmet par la filiation. Les marae par exemple ont une filiation. Chaque marae possède une pierre de son marae père. Seul le premier marae, Taputapuatea à Opoa sur l'île d'Havai'i, le plus sacré de tous, n'a pour père que 'oro lui-même. Les marae directement fils de Taputapuatea sont les plus sacrés.

Le Royaume

Tahiti est divisé en de nombreux royaumes réunis en 6 confédérations. Chaque vallée, mataiena'a, consitue un royaume. Fais attention quand tu quittes ton mataiena'a de connaître les coutumes qui s'appliquent à toi ou qui ne s'appliquent pas à toi. Sache qui sont les ennemis de ton roi et essaie d'éviter ces endroits.

La différence entre les sexes

Les femmes sont noa, elles n'ont pas de ra'a. C'est pourquoi elles ne peuvent se rendre sur le marae, manger avec les hommes ou boire du 'ava. Cela souillerait les hommes et les cérémonies et elles attraperaient du mahuruhuru. C'est tabou.

Les dieux ont créé les femmes pour faire les travaux pénibles, battre le tapa, cultiver les champs, faire les ustensiles de tous les jours qui ne demandent pas de mana, préparer les repas...

Il faut les chérir et les entourer d'attention. Pour pouvoir frotter son ventre avec elle, savoir danser et jouer de la flûte est toujours un atout.

Ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire

Je suis ton grand-père et je ne veux faire ce que fit le grand-père du héros Hiro. Il lui dit ce qui était bien et Hiro trouva les injonctions de son aïeul si stupide qu'il fit l'inverse. Cela ne l'empêcha pas de devenir quasiment l'égal d'un dieu en tuant, volant et jouant des tours aux autres.

Si tu veux suivre la voie des sages, apprends, amoncelle des connaissances, ne vole pas, prends une femme et chéris la, soit courageux et malin, net'approche pas de ce qui est ra'a... N'oublie de prendre du bon temps, cela aucun tahitien ne l'ou