Les Pages Joruniennes de Stef : Background

Le Royaume de Jasp

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Jasp aujourd'hui - Le monopole des goélettes au cristal - L'arme secrète de Jasp - La mécanique des goélettes - L'utilisation du daij par les muadras - La dérive des aérolithes - le commerce par goélettes

Traduction du Sholari's Pack par Christophe INSA

JASP est un royaume humain situé à l’extrémité nord des contrées de TEMAUNTRO. Les terres de cette région sont dominées par les étendues de neige et les glaciers permanents, mais les remous des courants d’ISHO au niveau de la mer Jaspienne permettent l’existence d’une zone tempérée dans les régions côtières et dans le détroit séparant le continent de la grande île de JASA. Les frontières sud du royaume s’ouvrent sur les larges et fertiles plaines inondables partagées avec les CYGRAS du TEMAUNTRO septentrional.

Les origines de JASP sont, dit-on, liées aux vestiges d’une colonie Terrienne abandonnée durant la Guerre Humano-Shanthique. Cette colonie, nommée JASP, s’est établie dans le détroit d’AYLON au cours du premier siècle après la guerre, mais elle dut être abandonnée à cause de sa vulnérabilité en cas d’attaque par voie terrestre ou maritime. Plusieurs groupes d’Humains allèrent vers le sud et fondèrent de petites communautés de fermiers bien installées lorsque les CYGRAS arrivèrent au début du deuxième siècle. La plupart des Jaspiens originels, néanmoins, étaient peu disposés à abandonner les riches hauts-fonds du détroit d’AYLON et se déplacèrent donc pour construire une série de fortifications à l’embouchure d’un port naturel.

L’Ancienne cité d’AYLON n’était qu’un village de pêche dans un profond fjord mais elle était facilement défendable. Les GIRES RAMIANS écumaient parfois les côtes, alors AYLON se protégea en érigeant la Grande Muraille qui ceint toujours le cœur de la cité originelle. La sécurité que procurent les Tours et la Grande Muraille assurait un environnement favorable à l’étude et aux activités d’intérieur durant les longues saisons froides.

Les montagnes qui dominent AYLON et celles qui se trouvent au-delà du détroit, sur le site des antiques colonies Terriennes, se révélèrent posséder des filons cristallifères relativement importants, de même que des minerais et des métaux précieux. Des groupes similaires aux KLADES de GAUSS se formèrent pour promouvoir l’éducation communautaire des enfants pendant que les adultes travaillaient dans les mines ou dans les industries naissantes de métallurgie ou de construction navale.

Le commerce qui s’établit entre les communautés fermières des plaines méridionales de JASP et la cité d’AYLON s’étendit vers le sud le long des régions côtières jusqu’à atteindre le ROS CRENDOR. C’est leur goût pour les études scientifiques qui incita les marchands Jaspiens à cartographier les courants dangereux qui bouillonnent dans la mer Jaspienne sous l’influence de l’activité de l’ISHO ; les autres colonies étaient trop contentes de laisser JASP prendre tous les risques. Bien des vaisseaux ne revinrent jamais de leurs expéditions maritimes et ce n’est qu’après bien des siècles que JASP coopéra avec les SALUS pour mettre au point des cartes fiables. C’est avec de petits navires et des cartes grossières que les premiers marchands Jaspiens fondèrent un petit empire qui posa les fondations du royaume actuel de JASP.

La curiosité scientifique poussa à conduire des explorations dans les régions intérieures jusqu’aux comptoirs de commerce. A l’époque de Paul GAUSS et de MAYATRISH, les commerçants Jaspiens tenaient une place particulière dans l’histoire Jorunienne comme aventuriers et comme maîtres négociants. L’équivalent du système des KLADES en usage à AYLON fut exporté par mer en même temps que leurs biens de consommation. Ces marchands virent que bien des nations avaient développé un système moins formel mais qui suivait des préceptes généraux identiques. Les matières premières et les biens de consommation Jaspiens devinrent des denrées très prisées tout au long des routes de commerce florissantes.

En quelques siècles, l’ardeur créatrice et investigatrice du JASP originel fut ternie par la croissance de familles puissantes qui usèrent de leurs fabuleuses ressources pour s’assurer un contrôle continu des diverses populations. Une sorte de stagnation s’installa durablement pendant près de deux millénaires. Seuls des érudits et des aventuriers issus des classes moyennes entretenaient l’esprit de découverte alors que la vaste majorité de la population se satisfaisait de sa monotonie quotidienne comme fermiers, pêcheurs, mineurs ou bien ouvriers et que la noblesse si peu nombreuse se repaissait des bénéfices de ses fortunes familiales.

L’Ere des Monstres qui suivit la Grande Conjonction des années 400 laissa dans chaque famille des souvenirs d’enfants Humains difformes. Aucune archive de JASP ne fait mention de survivance des mutations qui se répandirent ensuite sur JORUNE et, jusqu’au premier contact avec un groupe de SALUS vers l’an 900, ou à l’arrivée des premiers MUADRAS et des premiers BOCCORDS au début des années 1100, les histoires de mutation furent considérées comme des mythes durant plus d’un siècle.

Les populations Humaines de pure souche gardaient fermement le contrôle de la région, mais en 1105 un groupe de BOCCORDS fit son chemin jusqu’à l’antique cité de JASP et chercha à pénétrer à AYLON. Les familles régnantes de JASP réalisèrent à quel point un peuple aussi fort pouvait se révéler précieux dans les mines ou dans leur flotte, même si l’appétit vorace de leurs enfants en faisait une adjonction menaçante à la communauté. En 1107, les BOCCORDS reçurent un statut officiel selon lequel leur aide était requise pour défendre JASP, mais aussi pour fournir des porteurs et des ouvriers. Ils se virent également confier l’antique site de JASP pour en faire leur foyer. Le premier représentant BOCCORD au Conseil des Régents fut nommé en 1110.

Les BOCCORDS et les MUADRAS entretiennent des relations cordiales depuis l’époque de leur existence commune dans la Vallée de GAUSS. Lorsque la nouvelle d’un refuge BOCCORD atteignit les clans nomades MUADRAS installés en ce que l’on nomme aujourd’hui le Nord KHODRE (ou KHODRE Septentrional), une délégation de MUADRAS emportant avec eux leurs plus belles réalisations en matière de vêtements et de sculptures fut envoyée vers le port de commerce Jaspien le plus proche avant de poursuivre son périple plus au nord afin de plaider pour un arrangement similaire au bénéfice des MUADRAS. La délégation fut reçue par les familles qui siégeaient au Conseil des Régents car elle ne représentait aucun danger, mais le parti pris des Humains de pure souche était encore très fort. On accorda aux MUADRAS d’acheter leur droit de passage à bord des vaisseaux Jaspiens en échange de six ans de servitude envers la nation, mais on leur refusa toute possibilité de s’installer durablement à l’intérieur des murs de la cité. L’incursion MUADRA dans la société Jaspienne commença en 1164 par l’installation de soixante-dix familles dans des tentes en dehors des murs méridionaux de la cité d’AYLON. Un CRITH particulièrement rigoureux causa la destruction de la plupart des abris. Mais les BOCCORDS Jaspiens aidèrent les MUADRAS au cours du MULLIN qui suivit pour construire des bâtiments de pierre que l’on peut encore voir debout dans le quartier de GEER.

Les MUADRAS, auxquels il manque la force physique de leurs cousins BOCCORDS, s’installèrent en tant que clercs ou comme artisans. Leur position au sein des bibliothèques d’AYLON amena nombre d’entre eux à se joindre aux groupes d’explorateurs qui cataloguèrent et cartographièrent les régions considérées importantes par les riches familles Jaspiennes. Leur apparence non menaçante les aida à devenir des négociateurs appréciés à bord des flottes de commerce, et certains devinrent même riches à JASP. La cité de KHANA fut construite au nord d’AYLON par des marchands MUADRAS qui avaient connu le succès, et en 1600 trois MUADRAS siégeaient d’ailleurs au Conseil des Régents.

C’est en 820 que des érudits Jaspiens percèrent le secret de la lévitation des AéroLithes, les Terres Flottantes, en explorant des puits sur l’un d’eux au dessus de la gigantesque île de JASA. TON HARIK a été crédité du premier vol d’un aéronef Jaspien au dessus d’AYLON en 842. Il a utilisé un petit bateau de pêche gainé de métal et équipé d’une cuve d’eau et d’un poêle pour refroidir et chauffer les cristaux enchâssés de chaque côté du navire.

Dans les années 900, un groupe de SALUS entra en collaboration avec JASP pour construire une flotte de navires marins plus rapides et capables d’emporter plus de marchandises sur des distances supérieures à tout ce qui se faisait à l’époque. Les expéditions Jaspiennes sillonnèrent des routes de plus en plus lointaines pour finalement atteindre des contrées éloignées telles que le cœur de TEMAUNTRO, HOBEH, DRAIL et des régions de VOLIGIRE. Les érudits Ayloni n’étaient surpassés que par les THRIDDLES dans leur quête de connaissances et dans leur soif d’acquérir des artefacts Shanthiques, des reliques des colonies terriennes, des artefacts des Ages Sombres ou des instruments étranges qui restent encore à identifier. L’académie d’AYLON demeure l’un des endroits les plus prisés et les plus prestigieux pour l’apprentissage des ISCINS de terrain, juste après les centres de la Vallée de GAUSS et de TAN-IRICID. Au cours du second millénaire, JASP conclut d’importants accords avec TAN-IRICID pour l’échange d’informations.

En 955, une flotte Ramiane fut aperçue dans la partie nord du Détroit d’AYLON. Alors qu’AYLON se préparait à lancer une attaque contre la flotte ennemie, le CHIVEN RACHU-EH KAH DENNI HARANGIRE, seul et sans arme, quitta la flotte à bord d’un canot. Il rama le long des côtes vers le sud pour rejoindre les quais situés à l’extérieur des murs de la cité d’AYLON. Il portait avec lui des cristaux et des bijoux finement ouvragés. Il exhorta les guerriers qui l’attendaient sur les docks à accepter ses biens en échange d’une audience avec les membres du Conseil des Régents.

Sous bonne garde, KAH DENNI HARANGIRE fut escorté jusqu’à la chambre du Conseil le premier jour d’AUSS 955. C’est avec son fort accent Ramian qu’il expliqua au Conseil la signification des taches pourpres qu’arboraient ses tempes et raconta l’histoire horrifiante de populations entières de RAMIANS décimées par la famine et les épidémies. Il demanda que soit échangé tout ce que les GIRES pouvait fournir d’intéressant contre de la nourriture et du SHIRM-EH, denrée que les éclaireurs Ramians ont pu trouver en abondance dans les contrées les plus méridionales de JASP. Il s’offrit en otage pour garantir des relations pacifiques entre JASP et VOLIGIRE, si VOLIGIRE pouvait survivre.

Les Jaspiens étaient partagés entre leur peur envers les Ramians et leur avidité pour les vastes quantités de butin amassées par les GIRES, et c’est la cupidité qui prit le dessus. Durant près de deux siècles, JASP maintint une réputation respectueuse de royaume marchand et érudit grâce à leurs navires qui empruntaient la partie sud du Détroit, tout en conduisant un commerce clandestin avec les RAMIANS. Les salles au trésor de JASP devinrent les plus riches de tout JORUNE.

Les RAMIANS surveillaient la construction et les essais des tout nouveaux vaisseaux aériens. En 1162, après plus de deux siècles de coopération pacifique dans leurs transactions tenues dans un port secret aux abords des limites septentrionales du Détroit d’AYLON, un GIRE nommé KO JEY GARICHEE décida d’autorité que les navires aériens étaient une invention merveilleuse qui ne devait appartenir qu’aux RAMIANS. Lors d’un raid surprise sur les mines cristallifères secrètes de JASA, le RAMIAN fila avec plusieurs douzaines d’aéronefs. Au MULLIN suivant, une vaste flotte Ramiane faisait route vers JASP pour piller le butin que les GIRES avaient vendu à AYLON.

JARMAN GEER, un MUADRA qui avait conçu avec succès plusieurs aéronefs pour JASP, construit à la hâte une petite flottille de navires qui n’étaient rien moins que des canots et des pirogues tout juste équipés de cristaux et du strict nécessaire pour chauffer et refroidir les JARKIS primitifs. Il y en avait toujours quelques uns dans le ciel pour surveiller l’attaque Ramiane imminente et c’est le 14 MULLIN, lorsque la nouvelle de l’arrivée de la flotte ennemie se répandit, que l’armada branlante de GEER décolla armée de billes d’acier, de cristaux à feu et de récipients contenant des braises qui furent déversés du haut des passerelles volantes. Ce genre nouveau de missiles était conçu pour prendre de la vitesse en tombant vers les aéronefs GIRES et percer leur coque. Avec un ingénieux système de pavillons de couleur, mode que l’on retrouve aujourd’hui encore dans les vêtements chamarrés que les JASPIENS portent sous leurs fourrures épaisses, GEER dirigea les attaques victorieuses contre l’armada des envahisseurs. Entre les attaques aériennes et celles des catapultes au sol, des milliers de GIRES périrent dans les eaux glaciales de la mer septentrionale, mais GEER épargna un unique vaisseau Ramian afin qu’il rapporte en VOLIGIRE la nouvelle de la destruction de toute la flotte.

Depuis ce jour, AYLON n'a jamais plus subi d'attaque.

En 3077, l’ensemble des habitants de JASP se soulevèrent contre le Sage KHANAT, un despote qui draina la richesse de la puissante flotte commerciale en laissant la population mourir de faim durant le CRITH 3076 qui fut particulièrement rigoureux. Un nouveau gouvernement fut formé, remplaçant les machinations secrètes des grandes familles par un Conseil des Régents élu et réformé. AYLON est désormais le siège du Sage, lui-même élu, de JASP et du Grand Conseil des Régents, représentants élus de l’ensemble de la population.

Après l’invasion Ramiane du BURDOTH en 3113, les THIVINS entrèrent sur la scène politique Joruni. Vers 3200, une petite enclave s’établit en JASP méridional pour profiter des abondantes ressources en matières premières nécessaires pour leur artisanat raffiné, tissages ou armurerie. Les produits THIVINS forment la majeure partie des exportations de JASP.

Durant les trois derniers siècles, JASP est devenu le foyer de nombreuses communautés, parmi lesquelles un groupe de RAMIANS qui a rompu tout lien avec VOLIGIRE et qui prétend descendre directement de CHIVEN RACHU-EH HARANGIRE. Plusieurs de ces RAMIANS servent en tant qu’agents dans les comptoirs de commerce Jaspiens présents partout sur JORUNE.

Jasp aujourd’hui

Les Jaspiens éprouvent une réelle fierté pour leur attitude éclairée vis-à-vis des autres peuples et accueillent volontiers tout étranger qui respecte leur code de lois libéral. Les grandes cités tiennent lieu de centre politique et commercial pour un grand nombre de villages d’agriculteurs, de mineurs ou de pêcheurs dispersés dans les campagnes au relief accidenté. Alors que chaque groupe d’habitants tend à s’isoler dans le vaste réseau de villages ruraux, la région d’AYLON est devenue un mélange de cultures variées, ce qui explique probablement que la capitale très cosmopolite soit considérée comme l’une des plus belles cités au monde.

JASP continue d’accueillir des gens de passage ; des mineurs de KHODRE, des CONDRIJS de ROS CRENDOR, des TAUTHERS de BURDOTH n’ayant pas obtenu leur citoyenneté, des étudiants pour l’Académie d’AYLON, des enfants envoyés par des parents pleins d’espoir pour étudier dans les anciens KLADES renommés de JASP, ou simplement des gens qui cherchent à refaire leur vie. La plupart des immigrants sont des gens travailleurs et honnêtes qui se sont rapidement intégrés dans la société de JASP. La plupart arrivent par la capitale, AYLON, et s’installent dans les habitations bon marché des quartiers de OLD KLADE et HARANGIRE. Ces endroits présentent une criminalité plus élevée qu’ailleurs, bien qu’un endroit à " forte criminalité " en JASP serait considéré comme sûr en ARDOTH.

Les grandes familles marchandes continuent à détenir une forte influence en JASP. Quelques représentants de la famille KHANAT y travaillent toujours en tant que marchands, faisant de leur mieux pour effacer le déshonneur qui entachait le nom de leur famille, notamment par des transactions et une gestion des contrats des plus scrupuleuses. D’ailleurs, les contrats négociés par la famille KHANAT sont aujourd’hui considérés comme des modèles de commerce équitable et profitable.

JASP entretient une impressionnante flotte de vaisseaux maritimes dont la conception est héritée des célèbres SALU CHAUSIS, tout juste modifiés pour accueillir de plus amples cargaisons.

Les goélettes au cristal commencent à sillonner les vastes courants d’ISHO qui parcourent la surface de JORUNE. Bien des vaisseaux ne reviennent jamais, mais depuis le début des années 3100 les cartes fiables des courants d’ISHO ont permis aux premiers longs courriers d’ouvrir des routes commerciales vers l’intérieur des terres. Ces vaisseaux ont également offert une chance unique aux maîtres d’ISHO MUADRAS de devenir Navigateurs (=TRIMSMEN), gagnant ainsi une place de choix dans la société commerçante Jaspienne et figurant parmi les plus puissantes familles MUADRAS de JORUNE. Les Navigateurs MUADRAS qui officient sur les vaisseaux au cristal reconnaissent l’influence de CAJI DOSS dans leur bonne fortune, lui qui apporta la Voie de GENDS jusqu'à JASP en l’an 2947.

Les CAJIS et COPRAS MUADRAS sont désormais des membres respectés dans la société Jaspienne et dans son gouvernement. Les DYTES sont sévèrement punis et peuvent même être exclus de l’importante communauté MUADRA qui a prospéré en JASP. Les Jaspiens tolèrent mal les attitudes criminelles et ont d’ailleurs établi un code de lois très strict qui est centré sur la responsabilité individuelle de chaque personne. Les peines les plus courantes vont du dédommagement des victimes à une période de travaux forcés, voire l’exil. L’antique tour de NORSAEL a été convertie en prison pour accueillir ces criminels que la justice Jaspienne estime incapables du moindre dédommagement.

Il existe deux types de travaux forcés en JASP : le contrat de servitude et la condamnation à l’état d’esclave. Un contrat est établi entre l’offenseur, le serf, et l’offensé, qui peut être une famille, un KLADE ou une entreprise. Les contrats sont supervisés par un Comité au sein du Conseil des Régents, dont le rôle est de garantir que les condamnés reçoivent nourriture, logis, soins médicaux et apprentissage en échange du travail qu’ils fournissent. Les contrats ont tous une durée clairement spécifiée au terme de laquelle les serfs reçoivent une somme d’argent pour assurer leur réinsertion et commencer une nouvelle vie. Les condamnés à l’esclavage sont des criminels qui doivent réparation à une victime ou à la société Jaspienne en travaillant dans les mines, sur les navires, en tant qu’esclave assigné à une personne, ou tout autre type de travaux forcés choisi par la Cour de Justice. Les clauses du contrat d’esclavage sont bien plus contraignantes que celles d'un contrat de servitude, des sanctions sévères sont notamment prévues pour les tentatives d'évasion ou les méfaits envers le contrôleur judiciaire. La société Jaspienne ne fait aucune discrimination vis-à-vis des criminels qui ont payé leur dette, bien que l’exil soit un contre-exemple notable. Accepter une condamnation d’exil plutôt qu’une quelconque autre sentence plus honorable, est considéré en JASP comme une grave trahison à l’encontre de sa famille et du pays.

Depuis mi-AUSS jusqu’à la fin de CRITH, de violentes tempêtes de vent, de neige et d’ISHO balayent JASP au plus fort de la saison froide. Aux premiers signes de dégel, généralement vers la mi-ERIS, les premiers aéronefs décollent du port de SKYSAEL. En moins d’une semaine, les premiers navires ayant quitté les docks Jaspiens ont atteint d’autres royaumes.

JASP a toujours refusé de lutter avec BURDOTH pour occuper le devant de la scène, et entretient avec ce royaume des relations amicales. Le Conseil des Régents a récemment honoré BURDOTH en prenant la décision de nommer leur dirigeant " DHARSAGE " à la place de l’ancienne dénomination de " SAGE ". Les aéronefs Jaspiens sont tenus en grande estime par la plupart des gouvernements de Jorune, et JASP a acquis une énorme influence pour ce qui est du maintien de relations de paix entre les différents pays. Des arrangements particuliers ont été passés avec de nombreux royaumes pour fournir aux aéronefs Jaspiens des zones réservées où s’arrimer pour réparer ou bien attendre que passe le mauvais temps. Il était attendu qu’une activité de contrebande se développe sur l’énorme territoire couvert par les goélettes/schooners Jaspiens, mais le refus de JASP de s’impliquer dans toute action militaire entre les nations lui a permis de développer ce marché noir que sert ses navires (en particulier lorsque les biens de contrebande sont au bénéfice de chacun des pays belligérants lui accordant passage et immunité).

JASP possède une population nombreuse, ce qui est dû en grande partie au succès des plantations de DURLIG situées dans les contrées méridionales proches de TEMAUNTRO et de KHODRE. Au cours de la dernière génération, la population a plus que doublé suite à l’immigration de races non humaines. La population s’est développée jusqu’à atteindre les 160 000 habitants dans la seule capitale AYLON et près du million de personnes sur tout le territoire national. Une bonne moitié de la population de JASP est composée d’Humains de pure souche ; le reste se divise entre MUADRAS, BOCCORDS, CYGRAS, THIVINS, CORASTINS, WOFFENS, SALUS, BRONTHS, THRIDDLES et RAMIANS (par ordre décroissant d’importance). Les SALUS, WOFFENS, TRARCHS et THRIDDLES tendent à être des visiteurs saisonniers, voyageant au sud vers KHODRE et les autres royaumes plus méridionaux pour éviter le rude CRITH Jaspien.

La citoyenneté à JASP diffère du système des DRENNS de BURDOTH. JASP impose une période d’apprentissage, une série d’examens et enfin un serment de renoncement à toute autre allégeance. Le statut de citoyen n’est pas requis pour posséder des terres ou des biens, ou pour être résident permanent, mais le devient pour obtenir une place de fonctionnaire, servir dans la garde nationale ou pour avoir un poste sur un navire Jaspien (que ce soit une goélette au cristal ou bien un navire maritime). JASP s’enorgueillit du membre CORASTIN, des deux membres CYGRAS et du membre RAMIAN qui servent comme membres citoyens au Conseil des Régents, bien que de nombreux MUADRAS, BOCCORDS, BRONTHS et WOFFENS y ont également servi par le passé.

Le gouvernement de JASP fournit une assistance médicale à tous ses résidents (et non uniquement à ses seuls citoyens) et fournit également un logis et d’autres services adaptés aux personnes âgées. Le citoyen moyen est souvent marchand, négociant ou employé. Les plantations de DURLIG occupent une force de travail représentant 20 % de la population et nourrissent toute la nation en fournissant des récoltes supplémentaires de nourriture de luxe pour l’exportation. La conscience du rôle important joué par l’approvisionnement en nourriture dans l’histoire mouvementée de JASP (famines, épidémies et invasions Ramianes) en a fait une préoccupation sociale majeure tant au niveau individuel que public. Ainsi, les jardins et potagers familiaux sont fréquents, et il est de coutume que l’enfant le plus âgé du foyer en soit responsable. Les écoles de jardinage sont également répandues, où chaque partie du jardin potager est confiée à des élèves de niveaux différents. Des rues propres et des bâtiments anciens bien entretenus sont le signe de la fierté que partagent les Jaspiens.

Les KLADES ont joué un rôle majeur dans l’histoire de JASP ; et alors que la plupart des KLADES mineurs sont apparus et ont disparu au gré des évènements marquants de l’histoire, les KLADES Jaspiens sont restés puissants avec des comptoirs dans la plupart des grandes cités de par le monde. Il n’est pas rare que les KLADES offrent à leur membres logis et nourriture du berceau au tombeau, mais bien des jeunes couples préfèrent quitter les maisons des KLADES pour acquérir leur propre demeure, et envoyer ensuite leurs enfants dans les KLADES à partir de l’âge de neuf ans afin de recevoir éducation et soins. Les familles n’ayant pas de liens avec un KLADE y envoient leurs enfants généralement pour apprendre un métier, là encore dès l’âge de neuf ans.

Les familles vivant en dehors des communautés des KLADES sont généralement composées d’au moins deux générations ; plusieurs adultes et leurs enfants réunis par les liens de sang, les JERRIDS ( ?) ou des intérêts communs. Il n’est cependant pas rare qu’une famille adopte ou perde des membres qui ne soient pas des enfants d’un des couples au sein du groupe. Les orphelins sont habituellement recueillis par l’un des nombreux KLADES qui leurs procurent soins et apprentissage d’un métier. Les infirmes ou les personnes sans emploi ne vivent pas de la charité ; ils reçoivent généralement un emploi du gouvernement pour effectuer des tâches dans leur domaine de capacités pour le bien de la communauté. Cela peut aller de coursier ou agent d’accueil dans les ports maritimes ou aériens, s’occuper des enfants pour la communauté, enseigner ou encore occuper une place dans un service public. Bien que les Jaspiens ne se considèrent pas comme un peuple guerrier, l’entraînement au maniement d’au moins une arme est considéré comme nécessaire à la bonne éducation de tout enfant. La plupart des familles possèdent ce que l’on pourrait appeler une arme " d’héritage ", dont le maniement est perpétué depuis des générations, et tout enfant de cette maison en reçoit l’apprentissage.

L’architecture traditionnelle à JASP est de type " troglodyte " en ce que les maisons sont généralement creusées à flanc de montagne ou de colline, voire à même le sol dans les plaines. Les toits sont pentus pour éviter l’accumulation excessive de neige. Les maisons familiales ont communément trois étages et accueillent de vingt à trente personnes. Récemment, divers types d’architectures étrangères ont fait leur apparition en AYLON et dans les communautés alentours. D’ailleurs un comité local des Régents doit donner son approbation avant la construction de tout nouveau bâtiment et vérifier qu’il se marie esthétiquement avec les édifices qui l’entourent.

Les résidents sans familles et les visiteurs sont parfois invités dans les familles pour partager les célébrations des jours de fête, et durant le Jour des Réfugiés (le 18ème jour d’AUSS) même les étrangers sont invités à partager les repas au sein des familles. Ce jour de fête Jaspien commémore le jour de l’année 740 où six bateaux pleins de réfugiés MUADRAS, WOFFENS, BOCCORDS, SALUS et TRARCHS transis de froid et apeurés furent accueillis par la population de la Forteresse d’AYLON dans leurs foyers. Le KLADE GENDIL de GEER (périphérie de l’antique AYLON) assure l’impressionnant spectacle aérien d’orbes colorées qui suit le repas de fête.

Alors que les voyageurs venant de JASP que les personnages-joueurs pourraient rencontrer se révèlent souvent très intéressants, la vie en JASP elle-même peut être ennuyeuse et étouffante. En parlant avec un citoyen Jaspien moyen, quiconque peut avoir le sentiment qu’on lui parle avec condescendance. Une grande part de la population occupe des emplois qui ont fait la richesse et la puissance du royaume de JASP : ils sont comptables, marchands ou archivistes. Le climat rude qui commence vers la fin d’AUSS, se poursuit durant CRITH et jusqu’au début d’ERIS, rend les interactions sociales plutôt difficiles pour la majeure partie de l’année. De grandes festivités sont organisées par les familles influentes au cours de MULLIN, mais les étrangers sont rarement invités. Le Jour des Réfugiés et sa tradition d’accueil des étrangers au sein des foyers Jaspiens n’a lieu qu’une fois par an. Dans tout événement, les aspects sociaux tendent à être plutôt plats et monotones comparés aux coutumes des autres nations.

Les écoles Jaspiennes dispensent un cursus scolaire très précis qui pourrait tuer l’envie d’apprendre chez tout élève capable de survivre aux quinze années d’études intensives et de travaux appliqués requis pour obtenir un diplôme de l’une des prestigieuses académies Jaspiennes. La longue histoire ininterrompue de JASP a fait de son peuple une société si axée sur le maintien de ses traditions et de ses cérémonies que la plupart des immigrés refusent d’en prendre la citoyenneté. La bureaucratie Jaspienne est basée sur d’interminables chaînes de décision et formulaires ; d’ailleurs l’imprimerie a été inventée à JASP pour la seule nécessité de produire des formulaires, dit-on. L’attitude des Jaspiens à l’égard du vol et des autres crimes pousse bien des aventuriers à éviter certaines régions de JASP. Quiconque à le goût de l’aventure QUITTE JASP pour découvrir le monde.

Les vêtements de JASP sont traditionnellement de couleur sombre et composés de multiples épaisseurs pour s’adapter aux saisons changeantes. Néanmoins, les gens fortunés aiment à se couvrir de parements en étoffes très colorées et finement matelassées, agrémentées de riches fourrures, de splendides gemmes ou de métaux précieux finement ouvragés.

Le monopole des Goélettes au cristal

Les goélettes aériennes de JASP sont le mariage des recherches des ISCINS Naturalistes (OUTDOOR) sur la nature des AéroLithes (SKYREALMS), d’années d’essais et d’erreurs, de connaissances MUADRAS et de la technologie Shanthique des cristaux. Elles voyagent entre 500 et 15000 pieds au dessus du sol. De larges structures cristallines protégées par des contenants métalliques que l’on nomme " JARKIS " sont situées à la proue et à la poupe, elles procurent au navire sa flottabilité. La composition exacte des mélanges cristallins est l’un des secrets les mieux gardés de JASP et de petits appareillages situés à l’intérieur du blindage métallique des JARKIS garantissent la destruction des cristaux en cas d’ouverture non autorisée. Les nouveaux navires de classe AYLON sont équipés de JARKIS sculptés dans un unique cristal mélangeant plusieurs types d’ISHO parfaitement adaptés pour la lévitation.

Des centaines de types de navires ont vu le jour et ont disparu au fil des ans, mais seulement trois types de vaisseaux sont devenus " officiels " et un quatrième est en prévision.

Le navire de classe Eclaireur (SCOUT) est un petit vaisseau pour deux passagers qui requiert la présence d’un MUADRA pour le diriger. Le second passager peut être de race quelconque. Ces navires sont utilisés pour les missions d’exploration durant les expéditions Jaspiennes.

Les navires de classe JASP sont de petits vaisseaux capables de transporter quelques tonnes de marchandises. Ils sont excellents pour atteindre les ports inaccessibles aux vaisseaux marins. Les navires de classe JASP sont capables de transporter de six à douze personnes en plus des marchandises. Les non-Jaspiens sont pratiquement toujours interdits à bord. Plus d’une quarantaine de navires de classe JASP existent, chacun parcourant une route commerciale passant par trois à six cités le long d’un trajet défini par les courants d’ISHO souterrains que les navires ne peuvent quitter.

Le nouveau navire de classe AYLON est un plus grand vaisseau qui s’enorgueillit d’offrir huit cabines pour les passagers et la capacité de transporter près de vingt tonnes de marchandises. Le classe AYLON nécessite la présence de MUADRAS pour contrôler la température des cristaux à l’aide des DYSHAS " Eclair givrant " (FROST BOLT) et " Mains de feu " (FIRE TOUCH). Deux vaisseaux sont dorénavant opérationnels et plusieurs sont en construction à SKYSAEL.

Le classe DHARSAGE, un grand vaisseau qui peut être utilisé pour transporter des cargaisons (dépassant les cent tonnes) ou des troupes importantes, est en prévision. La construction de ce navire requiert une " structure " cristalline complexe équipée d’appareillages de chauffage et de refroidissement mécaniques du JARKIS. Une ou deux années seront encore nécessaires avant que le premier navire expérimental soit prêt à voler.

Comme les goélettes ne drainent pas l’ISHO emmagasiné dans les cristaux, mais utilisent plutôt la réaction naturelle entre les cristaux embarqués et les flux souterrains de cristaux en fusion, les cristaux d’un JARKIS peuvent rester efficaces jusqu’à une vingtaine d’années. Mais les JARKIS de la plupart des navires sont démontés puis reconstruits après une période de huit ans en général.

Classe Eclaireur (SCOUT)

Nombre d'unités et immatriculation : information restreinte aux officiels et diplomates
Effectifs : un CAJI et un passager.
Cargo : non applicable.
Vitesse : 35 miles par heure (MPH) max.

Classe Jasp

BRITTAN MOON : MIEDRINTH - DOWSEN - TLON - GAUSS
CANAD MOON : DOWSEN - TLON - YOBREH
EURO MOON : RHO SILLIPUS - TAN-IRICID
NIPU MOON : DOWSEN - RDU -HODU - TAN-IRICID
RUS MOON : RHODU - THANTIER - KIRLAN - GAUSS
SCANDA MOON : AYLON - KIRLAN - CHALN IMAGRI
TERA MOON : MIEDRINTH - RHODU - THANTIER - TAN-IRICID
Effectifs : 12 membres d’équipage.
Cargo : 5 tonnes.
Vitesse : 30 MPH max.

Classe Aylon

AYLON STAR
DOWSEN STAR (sur le point d’être armé)
JASP STAR (en construction)
RHODU STAR (en construction)
BURDOTH STAR (planifié)
KIRLAN STAR(planifié)
Effectifs : 20 membres d’équipage, 10 passagers.
Cargo : 10 tonnes (15 sans passagers).
Vitesse : 25 MPH max.

Classe Dharsage

(En projet)
Effectifs : 30 membres d’équipage.
Cargo : 10 tonnes ou 40 passagers.
Vitesse : 20 MPH max.

L’arme secrète de JASP

JASP ne fait rien pour contredire la crainte qu’éprouvent les divers royaumes à l’égard de leur société, de leurs navires et de cette inquiétante capacité à porter assistance à leurs navires éloignés de plusieurs milliers de miles de leur port d’attache en moins de temps que nécessaire pour porter un message de détresse. Les rumeurs de télépathie ne sont pas activement combattues, mais la vérité est bien plus simple.

Des " harmoniques " existent entre les cristaux d’ISHO, de forme et/ou de taille similaires. En 3406, des mineurs Jaspiens découvrirent un énorme bloc de cristal aux propriétés étonnantes. Des morceaux de cristal issus du bloc initial vibrent tous à l’unisson lorsque l’un d’eux est frappé, créant ainsi la possibilité d’un réseau de communication secret (à l’échelle planétaire) entre les navires et leur port d’attache à JASP.

En étudiant le cristal et ses éclats, les Jaspiens réussirent à créer un genre de " radio au cristal " très primitive. Cette radio ne peut pas transmettre de voix ou de sons, mais un ingénieux code de déclics permet aux vaisseaux de la flotte Jaspienne de rester en contact avec le port de SKYSAEL. Des ordres, des signaux de détresse ou des modifications de route peuvent être ainsi transmis et/ou relayés sans danger d’en informer des personnes non autorisées. La présence de ce dispositif à bord n’est connue que des capitaines et de leurs seconds ; même les hommes d’équipage n’en sont pas informés et la radio reste cantonnée au secret de la cabine du capitaine.

Durant les dernières années, les THRIDDLES ont commencé à suspecter l’existence d’un tel appareillage et ont demandé à leur plus fidèles QUERRIDS d’enquêter sur ce sujet pour obtenir toute information possible contre une récompense substantielle. Il est certain qu’une véritable petite fortune attend celui qui sera en mesure de leur fournir un exemplaire de l’appareil, qu’il soit fonctionnel ou non.

La " radio cristallifère " est très similaire à ce que connaissent les THRIDDLES. Ils sont en fait bien plus intéressés par les sources des cristaux Jaspiens car leurs propres ressources sont limitées et utilisées en grande partie par des THRIDDLES en charge de garder les sites potentiels des déchirures/distorsions par lesquelles pourraient attaquer des CLEASHS. La " radio cristallifère " Jaspienne n’est qu’un précurseur avant la découverte d’un morceau de cristal pur de la taille d’un AéroLithe idéal pour la construction des JARKIS qui équipent les goélettes/schooners. Les MUADRAS sont devenus des maîtres-tailleurs de cristaux pour la récente flotte d’AYLON, et ils estiment à plus de deux cents les JARKIS qui pourraient être construits pour équiper des navires de classe AYLON à partir d’un tel cristal.

La structure des cristaux est le secret le mieux gardé de JASP.

La mécanique des goélettes

Les routes des goélettes suivent les tracés des flux de cristaux en fusion sous la surface de JORUNE. La raison pour laquelle les divers aéronefs parcourent les mêmes routes au lieu de faire de longs voyages est que l’équipage doit constamment dresser une carte des changements des flux d’ISHO (pour relayer SKYSAEL en JASP ?). Les navires suivent les centaines d’AéroLithes qui flottent dans les airs de JORUNE, mais sont également capables de passer d’un flux d’ISHO à l’autre pour parcourir les longues distances qui séparent les principaux centres civilisés de la planète. Depuis les vingt dernières années, JASP et TAN IRICID entretiennent des accords secrets pour fournir les cartes les plus précises et justes aux goélettes aériennes.

Les navires ne peuvent aucunement traverser le DOBEN-AL à cause des importantes perturbations des courants d’ISHO dans ce vaste désert. De plus, les goélettes au cristal ne peuvent approcher ARDOTH que lors de rares conjonctions lunaires combinées à des conditions climatiques d’ISHO favorables (tout aussi rares). Ce qui n’est le cas en moyenne que d’une journée par cycle de la lune DU (jour au choix du SHOLARI). Le DHARSAGE de BURDOTH a tenté de faire réaliser un nouveau type d’aéronef qui utiliserait un mélange de petits cristaux contenus dans une mousse résistante à l’ISHO qui ne pousse qu’au bord de lacs d’eau douce situés en quelques rares endroits sur JORUNE. Le projet est rigoureusement secret, mais des rumeurs naissent selon lesquelles un très grand navire expérimental s’est brisé en morceaux au large d’ARDOTH en MULLIN 3491, apparemment au cours d’un voyage d’essai. Le jour suivant, les rapides canots LANTEEN de la marine Burdothienne firent évacuer la zone aux pêcheurs alors qu’ils récupéraient des corps et des débris.

Les aéronefs sont manœuvrés en modifiant la température des cristaux qui composent le JARKIS du navire. Des cristaux chauffés s’éloignent du sol, alors que des cristaux refroidis sont attirés vers le sol. Les premiers aéronefs étaient commandés par l’intermédiaire de chaudières, en utilisant l’énergie solaire ou les vents. La plupart des nouveaux navires (les classes Eclaireur et AYLON) sont manœuvrés par des MUADRAS entraînés selon la Voie de GENDS.

Chauffer les cristaux présents dans le JARKIS provoque la répulsion de l’ISHO qu’ils contiennent de l’ISHO ardent des flux souterrains qui modèlent les continents de JORUNE. Refroidir un cristal déclenche la descente du navire, généralement à une allure raisonnable et maîtrisable. Le vaisseau navigue en concordance avec le flux polarisé d’ISHO, ce qui veut dire que l’on peut accorder finement les cristaux du JARKIS sur la résonance naturelle des flux d’ISHO. Une goélette ne peut naviguer à contre courant sur un flux donné, mais peut se déplacer sur 180° par rapport à celui-ci. Le mouvement vers l’avant, ou sur un côté, est assuré en maintenant une légère différence de température entre le JARKIS de proue et le JARKIS de poupe, ou entre celui de bâbord et celui de tribord respectivement. Les cristaux les plus froids font pencher le navire vers le bas, alors que le cristaux les plus chauds tendent à le faire avancer dans la direction des cristaux plus froids. Lorsque les conditions de vent le permettent (c’est-à-dire s’additionnent à celles de l’ISHO), des voiles peuvent être utilisées pour augmenter la vitesse déjà procurée par les JARKIS. En manœuvrant d’avant en arrière sur le flux d’ISHO, il est possible de naviguer " à contre courant ", de la même manière qu’un bateau sur un courant marin.

Le capitaine d’une goélette s’entoure d’un équipage de techniciens chargés des cristaux, traditionnellement nommés Navigateurs ou Trimeurs. Prendre le contrôle d’un aéronef est appelé " prendre le TRIM ". Les Trimeurs sur un navire équipé de chaudières sont néanmoins sous les ordres d’un pilote, qui dirige le vaisseau en contrôlant le chauffage et le refroidissement mécaniques du JARKIS, ainsi que l’utilisation des voiles. Les navires manœuvrés directement par l’ISHO possèdent un petit réduit ouvert situé sur le pont supérieur en poupe (dénommé TRIMHOUSE) où les Trimeurs ont un accès direct avec un conduit de cristaux taillés en contact avec le JARKIS du navire. Entre trois et six MUADRAS sont présents sur chaque navire pour assurer un repos minimum entre les quarts éreintants.

Ces navires peuvent naviguer sur les eaux, si nécessaire, et possèdent même des roues ou bien des patins escamotables pour permettre d’atterrir sur sol dur.

Un voyage sur un navire au cristal n’est jamais une expérience très populaire, ou agréable, pour les passagers. Cela est largement dû au passage mouvementé d’un flux d’ISHO à un autre. JORUNE possède un niveau d’ISHO ambiant dominant (appelé ISHO alpha) et de puissants courants d’ISHO de haute énergie (appelés ISHO bêta). Bien que le niveau d’ISHO ambiant est réparti à peu près partout, il ne procure pas assez d’énergie pour permettre à un navire flottant de se mouvoir. Les érudits Jaspiens ont essayé un grand nombre de techniques diverses pour propulser les aéronefs à travers les zones mortes ; des voiles aux hélices mues par la vapeur.

Certains courants d’ISHO alpha atteignent des vitesses raisonnables comprises entre 2 et 40 miles par heure. Les canaux alpha sont parfois séparés les uns des autres par des vallées que les navires ne peuvent espérer franchir qu’en atteignant une vitesse latérale suffisante qui leur permettrait de " sauter " de l’un à l’autre avant que le vaisseau ne chute trop bas. Les navires au cristal voyagent aussi haut que possible afin de pouvoir convertir leur altitude en vitesse, malgré le coût en ISHO emmagasiné dans le JARKIS. Le surcroît de vitesse peut être utilisé pour propulser un navire d’un courant rapide d’ISHO alpha vers un autre courant rapide, à travers des lignes de courant lent. La rapidité d’une goélette n’est limitée que par la robustesse structurelle du navire, ce qui signifie qu’un vaisseau doit se méfier de la course à la vitesse qui pourrait causer sa désintégration en plein air.

La transition d’un courant d’ISHO alpha à un courant bêta n’est pas une entreprise aisée. Lorsqu’un courant bêta se rapproche (signalé par des cristaux incandescents sous le contrôle du Trimeur ou par des plantes sensibles à l’ISHO, qui ne sont présentes à bord que pour cette raison), le navire doit s’élever pour se préparer à la transition. Les courants d’ISHO bêta s’écoulent à des vitesses comprises entre 35 et 90 miles par heure, ce qui peut être source de belles secousses.

Au cours de la transition, les échanges d’énergie provoquent la chute de l’aéronef alors qu’il gagne en vitesse. Un navire peut chuter de près de huit mille pieds en une seule transition qui prendrait moins de cinq minutes. Dix mille pieds est la perte d’altitude minimum conseillée, mais en terrain accidenté cela peut se révéler insuffisant. Ces soudaines pertes d’altitude incommodent souvent les passagers et peuvent même endommager la cargaison.

Un résultat compris entre 1 et 16 sur un jet de 1D20 indiquera qu’aucune difficulté n’est survenue durant la transition. Sur un résultat de 17 ou 18, les turbulences peuvent causer la chute des passagers du pont supérieur par dessus le bastingage (attacher un harnais de sécurité est vivement recommandé). Un résultat de 19 ou 20 indiquera que votre navire est en réelle difficulté.

Utilisation du DAIJ par les MUADRAS

La première " police anti-ISHO " de BURDOTH était constituée d’humains normaux qui acquéraient leur sensibilité à l’ISHO par ingestion de la chair d’un poisson nommé DAIJ. Lorsqu’un MUADRA mange du DAIJ, ses compétences en manipulation d’ISHO s’en trouvent décuplées. Bien que la chair de DAIJ soit interdite dans la plupart des royaumes Joruni, il est de coutume de ne pas inquiéter les Trimeurs (TRIMSMEN) qui utilisent le fameux poisson pour assurer leurs fonctions au bénéfice du commerce aérien.

Un Trimeur mange du DAIJ séché pour augmenter sa sensibilité et son niveau d’ISHO dans des proportions telles qu’il peut contrôler les importantes quantités d’énergie requises pour chauffer ou refroidir les cristaux du JARKIS à bord du navire (une once de DAIJ double le niveau d’ISHO pendant douze heures). Lorsqu’il est de quart de navigation, le MUADRA est plongé dans une profonde transe afin d’être pleinement conscient des moindres variations d’ISHO aux abords du navire. Les Trimeurs utilisent le DYSHA " Mains Ardentes " (FIRE TOUCH) pour réchauffer le JARKIS et faire s’élever le navire, ou bien une version modifiée du DYSHA " Eclair Givrant " (FROST BOLT) pour le refroidir. Une erreur dans la manipulation de l’ISHO peut briser les cristaux du JARKIS, causant par la même une brusque chute du navire. Un second MUADRA est généralement de quart avec le Trimeur pour l’assister comme pilote et déterminer comment doivent être utilisées les traditionnelles voiles en conjonction avec la propulsion fournie par les cristaux.

Un effet secondaire fâcheux de l’ingestion de DAIJ par les races sensibles à l’ISHO est un genre de saturation ou de court-circuit qui rend le manipulateur d’ISHO incapable d’emmagasiner plus d’une quantité insignifiante d’ISHO. Cela rend également l’utilisateur allergique à la chair de DAIJ. L’ingestion de DAIJ par un Trimeur " saturé " peut se révéler fatale.

Pour déterminer quand un consommateur de DAIJ subira une saturation, calculez la moyenne des caractéristiques ISHO et CONSTITUTION. Cela donne le nombre maximum d’années durant lesquelles un court-circuit a peu de chance de survenir. Pour chaque année d’utilisation normale de DAIJ comprise dans cette période, il y a 1% de chance qu’un court-circuit surgisse (2% en cas d’utilisation intensive). Après cette période de base, le personnage devra réussir un jet sous sa caractéristique ISHO avec 3D6+6 ou bien il souffrira d’une saturation.

La dérive des Aérolithes

Les goélettes à cristaux suivent des réseaux de courants d’ISHO invisibles qui émanent des gigantesques rivières souterraines de cristaux en fusion. La lave de cristaux a tendance à remonter vers la surface et, si elle reste bouillonnante, peut provoquer des crevasses dans le sol libérant une partie de celui-ci et donnant ainsi naissance à un AéroLithe.

Les ISCINS de l’Académie d’AYLON ont étudié les cycles de vie des AéroLithes et ont développé une méthode théorique d’utilisation des mêmes principes pour les navires. Les premiers vaisseaux construits, que l’on nomme aujourd’hui navires de Classe JASP, ont été une réussite et parcourent depuis en grand nombre les routes régulières qui joignent trois à quatre cités le long des courants circulaires d’ISHO.

Le navire dont il est question ici, l’Etoile d’AYLON, est l’un des deux navires de conception nouvelle capables de voyager des mois durant (rappelons que les mois ont 80 jours sur JORUNE) pour couvrir de très longues distances.

Cette même dépendance envers les courants d’ISHO que partagent les AéroLithes et les Goélettes à cristal explique pourquoi on les trouve souvent voyageant dans les mêmes directions. Les AéroLithes sont devenus aussi familiers que les îles le sont sur notre Terre. Ils sont toujours dignes d’intérêt mais, parce que nombre d’entre eux dérive au bon vouloir des courants d’ISHO, il est possible qu’un AéroLithe reste inexploré pendant des dizaines d’années après sa naissance.

Les AéroLithes se meuvent le long des courants d’ISHO à une vitesse d’environ 10-15 mph (et plus vite encore pour ceux ayant des altitudes plus élevées car ils réagissent à des cristaux en fusion plus chauds). Les goélettes à cristaux croisent souvent plusieurs AéroLithes tout au long de leur route. On se rappellera que les Aérolithes dérivent relativement bas le matin, pour s’élever progressivement alors que la journée se réchauffe.

Comme DANTHRO KROSE le dit souvent : " les AéroLithes valent toujours la peine ".

Le commerce par Goélette

Les Maîtres-Marchands Jaspiens ont ouvert des routes commerciales entre la plupart des pays connus de JORUNE. Les goélettes Jaspiennes appartiennent toutes à une coopérative gouvernementale détenant le monopole et financée par les marchands qui profitent de tarifs pour les espaces de fret plus intéressants que ceux pratiqués pour le public.

Le DHARSAGE de JASP s’est arrogé la possibilité de réquisitionner librement des cabines " diplomatiques " dans les situations de crise. Les " faveurs " octroyées à certains gouvernements leurs imposent en retour de fermer les yeux sur celles données à d’autres. En conséquence des faveurs officieuses accordées au DHARSAGE d’ARDOTH, le royaume de BURDOTH ignore le commerce de petites quantités de SHIRM-EH vendues en VOLIGIRE pour de présumées applications médicales.

Au cours des dix dernières années, la flotte Jaspienne a triplé en nombre et les larges vaisseaux se sont imposés pour les expéditions à grande échelle sur les routes ouvertes par les goélettes. Les livres et parchemins de valeur fabriqués par les THRIDDLES de la Montagne Couronnée sont alors négociés contre l’excellent RUSPER de SCOLIA, des soieries de CUSHINDELL, des COLEELS de la région du lac DAU-UH-DEY, de la viande de DOTHOBIDER épicée de CHALN IMAGRI ou bien des reproductions primitives TRARCHS en bois d’objets Shanthiques. Un unique navire peut faire jusqu’à trois voyages en un an, et ceux qui se trouvent bloqués loin de leur port d’attache, SKYSAEL, dès les premiers jours de mauvais temps de CRITH peuvent continuer leur commerce.

Outre le simple transport de personnes et de marchandises, les navigateurs Jaspiens sont des représentants de choix pour les marchands qui voudraient leur commerce le long des routes des aéronefs. Un agent commercial peut ainsi emprunter un navire aérien pour arriver en avance sur une caravane de BOCHIGONS afin de préparer plus efficacement son arrivée.

Des cabines sont désormais disponibles sur les nouveaux vaisseaux de classe AYLON, offrant aux plus riches l’opportunité de voyager simplement et permettant à d’importants représentants de différents états ou organisations de se rencontrer rapidement pour résoudre les problèmes qui affectent l’avenir de JORUNE. Il y a huit cabines identiques sur le navires de classe AYLON, chacune disposant de deux couchettes et du nécessaire pour fixer deux hamacs afin d’accueillir jusqu’à quatre personnes par cabine. Les tarifs pour un voyage ne sont pas fixés d’avance mais doivent être négocier avec le capitaine de chaque navire. Les pots-de-vin sont considérés par les commandants et leur seconds comme des insultes, mais offrir des pourboires aux hommes d’équipage est signe de bonnes manières. Un capitaine peut décider de s’accorder une prime à son équipage et lui-même en imposant un tarif élevé à des passagers qui souhaitent quitter rapidement la ville ou qui semblent pouvoir présenter des problèmes au cours du voyage.

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