12. Le cabaret des nues
Au cabaret des nues
Sun a vu Moon nue
comme c'est étrange
Sun a rougi
Moon a fondu
Moon a fondu
bien entendu
On n'revient jamais en avant
il faut bien croire que derrière
on y retourne en tréchubant
la jambe en moins
mais l'troisième oeil
çui qu'a du rimmel et d'la voix
qui n'est pas là pour caresser
le poil du sens quand la marée
m'a planté là comme un goémon
la mer enlace l'horizon
Au cabaret des nues
Sun a vu Moon nue
comme c'est étrange
Sun a rougi
Moon a fondu
Moon a fondu
bien entendu
Ça prend le ciel à bras le vent
et les pourquoi t'es v'nu comment
on s'le disait timidement
timidement la rage aux dents
le ratelier prêt à croquer
tes douces lèvres démaquillées
quand sur ton corps vint se lover
l'ombre des flammes du démon
la terre embrasse l'horizon
J'irai flotter
où se noient les noyés
j'irai encore
brûler quelques accords
d'accord encore
à s'en dépoumonner
sur les guitares
et les boîtes à soufflets
et dans les nues du cabaret
une dernière fois
il brûlera mille planètes
quand se faufilent les saisons
on a passé c'était si bon
le ciel efface l'horizon
Au cabaret des nues
Sun a vu Moon nue
comme c'est étrange
Sun a rougi
Moon a fondu
Moon a fondu
bien entendu
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13. Ennemis
Toi, t'es bien d'un autre village.
Tas pas les mêm' sabots que nous.
Sur ton épaul' c'est du plumage
Et nous aut' on a du burnous.
Quand on fait chacun son fromage,
Ça lui donne un tout autre goût.
Tas pas les mêm' sabots que nous,
Ça fiche un tout autre tapage,
Rien qu' s'couer nos boît' à clous,
Ça fiche un tout autre tapage,
Et puis et puis y a ton parlage
Qui vous cogne sur le bambou.
On peut bien l'dire : ton salivage,
Ton potag' qui pouss' des glouglous,
Ton quillage et ton tatouage,
Tout ça nous cogn' sur le bambou.
Toi, t'es pas de notre village ;
On peut bien l'dir' : ton salivage
On en a marre, on est à bout.
Donc, faudra qu'on passe aux carnages
I' rest' plus qu'à s'rentrer dans l'chou. |