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(Mai 98)

"Les gens qui ne connaissent pas le groupe sont un peu surpris d'entendre ce que font les Têtes Raides". Christian Olivier sait bien ce qu'inspire le nom de son groupe."Têtes Raides", cela fait attendre des outrances, du vacarme, de l'abrasive dureté du rock.

Les Têtes Raides furent bien, il y a une douzaine d'années, dans ces contrées ou résonne l'électricité, au temps de leur première "galette", Not Dead but bien raides.
Puis il y eut, d'album en album (Mange tes morts, Les Oiseaux, Fleur de yeux, Le bout du toit, Viens) un beau chemin d'invention qui les emmène à cette étrange position de groupe phare de la chanson en France, sans vraiment connaitre la reconnaissance massive du public. Sans avoir encore vendu plus de 30 000 exemplaires d'un disque, les Têtes Raides réussissent pourtant cette performance rare d'avoir tous leur disques disponibles au catalogue de leur maison de disques, signe que chaque parution nouvelle attire un public neuf, qui s'interesse ensuite à toute l'histoire du groupe.
Pourtant, leur trois concerts à l'Olympia, à partir de lundi (4 mai NDLR), seront sans doute pleins à craquer, comme toutes les dates de leur tournée actuelle. Car, à part France-Inter et quelques radios specialisées dans l'audace, on ne passe pas les Têtes Raides à la radio : "notre son ne va pas", s'est fait dire Christian Olivier, leader et parolier du groupe.


Leur nouvel album, Chamboultou (chez Tot ou Tard), est pourtant une des choses les plus réjouissantes que l'on ait pu entendre ces derniers mois, et pourrait bien parvenir définitivement à élargir leur audience :valses pour fanfares, demi-rock et tiers de tangos, chansons à textes pour guincher, accordéon à la "chauffe Marcel", violoncelle de fortif', flûtiaux de Bastille, batterie de foire et javas d'intello. Comme d'habitude, il y a de quoi chanter en coeur, et des couplets que le public reprendra tout entiers aux prochains concerts.


Car les Têtes Raides sont une belle aventure de scène : depuis presque dix ans, ils donnent une centaine de concerts chaque années dans toutes les salles qui possèdent un tant soit peu de caractère (a Paris : Sentier des Halles, Trévise, Olympia, Entrepôt, Dunois, Trianon, Européen...) devant un public de plus en plus fervent, qui épouse chacun de leurs virages. Christian Olivier ne parle pas de carrière, il parle de "notre histoire", ce qui raconte un nombre étonnant de changements dans un univers toujours stable et cohérent : esthétique de la rouille et des lumières basses, du vieux bois de caisse et de faubourgs pluvieux, de pauvres oiseaux et de chiens las, de coeurs perdus et d'âmes lentes.


Et, avec Chamboultou, ce sont des couleurs de gaieté qui se posent sur cette chanson :"On a essayé de s'amuser, de se moquer de nous, de faire entrer de l'ironie dans notre manière un peu dure." Sur scène, au premier plan, Christian Olivier et son accordéon, son charisme singulier et roide, ses histoires sombres et ses élans heureux. Leur éclairagiste Fantôme réalise des lumières à la fois très simples et formidablement inventives, Christian Olivier se laisse aller à plus de joie, leur répertoire a encore été refondu en profondeur. En gros, "l'ambiance est moins pesante".
Et les acheteurs du disque se le feront confirmer avec la joyeuse pochette de l'album, oeuvre des Chats Pelés, le trio de graphistes dont Christian Olivier fait partie, avec Benoit Morel, chanteur de La Tordue, autre groupe créateur d'une nouvelle chanson française.

Télérama

(avril 98)

Quatorze ans, sept albums, la passion ne faiblit pas. Ni la leur ni la nôtre. Ça commence à se savoir. Chamboultou, on en fait le pari, devrait secouer les puces de la chanson à la française.Et les Têtes Raides être enfin reconnus comme un des rares groupes du cru inventant une musique hexagonale qui ne tourne pas en rond.
Il y avait les fiestas de la Mano Negra, il y a les fêtes des Têtes.

En concert, ils rassemblent un public qui connait leur répertoire sur le bout des croches et qui semble grandir à chaque rendez-vous : le dernier, au Printemps de Bourges, fut une fois encore étonnant d'intensité. A l'image de leurs albums, à l'image de cet album, quintessence de l'alchimie des sept têtus. De la sonorité singuliere de la formation, accordéon, violoncelle, hélicon, piano, cordes, cuivres, fouet sur des peaux font monter la fièvre, ordonnent la diversité des tempos.
D'un morceau à l'autre ou au fil du même, le coeur change de rythme, bat crescendo ou moderato, brasse Brel ou Brassens, binaire ou Balkans. Flambée de tous les instruments ou crépitement intime de quelques-uns, les arrangements rivalisent d'ingénieuse maitrise autour de la voix de Christian Olivier.

Dense, le chant, dansantes, les chansons. et écrites à la même mesure, à la même démesure.
Hormis deux reprises -Le coeur a sa mémoire, de Mauricette Leibowitch, et Dans la gueule du loup, de Kateb Yacine, mémorables-, Olivier donne toujours libre cours à une verve plus surréaliste que néoréaliste. Audace des images, des rimes et des césures, fantaisies de coq-à-l'âne dictés par la logique euphonique et poétique, simple émotion d'une chanson "faite pour s'oublier". Difficile de l'oublier, cette petite-la "qui ne fait que passer" et que l'on retient. Comme ses frangines, gardées au chaud des oreilles et des yeux (succulent graphisme de la pochette et du livret, signés des Chats Pelés)...Chamboultou a tout pour enchanter.

(avril 98)

Le Carré magique debout pour acclamer les Têtes raides

Trop sages, trop rangés les fauteuils rouges du Carré magique pour accueillir la fougue des Têtes raides et répondre aux envies de se trémousser du public. Samedi soir, celui-ci en a pris son parti et s'est mis debout pour ovationner ces fabuleux poètes. Sacrée ambiance samedi au Carré ! Dès les premières notes, impulsées par les sept musiciens des Têtes raides, les spectateurs ont frénétiquement frappé des mains et entrepris de se déhancher sur leurs sièges. Beaucoup ont, d'emblée, quitté leurs places pour investir la moquette des allées latérales.
La plupart ont 20 ans. Et qu'importe le fait que le nouvel album de leur groupe fétiche, « Chamboule tout », ne soit sorti que quatre jours plus tôt. Déjà, ils en susurrent tous les mots du bout des lèvres, sans la moindre hésitation.

Rimes sublimes
Inclassables, ces Têtes raides. Parce que leur fanfare jazz band se moque éperdument des chemins tout tracés. L'on hésite entre rock musette et chanson réaliste et soudain, l'envolée romantique du violoncelle vous boulverse comme une oeuvre de Brahms ou Schubert. La légèreté de l'accordéon vous entraîne dans une valse, mais la seconde d'après, la puissance des cuivres (trombone, sax, baryton) vous incite davantage à swinguer.
Une lumière blafarde éclaire le visage de Christian, le chanteur. « Pierrot meurtri », ou omniprésence du spectre de la mort.

Derrière ses textes aux rimes étouffantes de beauté, le monde étrange des Têtes raides emprunte au registre macabre. Les mots reviennent hanter les chambres mansardées, les bars à matelots, les trottoirs caressés par les becs de gaz... tous les lieux des grands crimes d'amour.

L'amour, Christian le chante avec la même force et le même dénuement désarmant d'un Brel.

« Le coeur a sa mémoire, il nous conte l'histoire, des souvenirs enfouis, au creux de notre vie. Et quand il plie bagage, il refait le voyage, que nous avons suivi. En quittant le pays. En laissant sur le bord du chemin, tous ceux auxquels on tient, sans espoir de retour ».

Deux rappels doublent la mise
Un rappel. Quatre nouveaux titres. Un second rappel. Cinq titres encore. Samedi, le public du Carré magique en a redemandé, encore et encore. Et les Têtes raides ont doublé la mise, tant la communion était forte avec cette salle, toute entière debout pour acclamer les poètes.
Les couples de danseurs se sont même formés sur scène pour mieux goûter aux accents de « Ginette, qui tournait et tournait ».

Un grand moment. Un grand frisson.

Toute la salle s'est levée pour applaudir la prestation des têtes raides. Qui a dit que les jeunes n'aimaient pas l'accordéon ni la chanson française ?















































































































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