Divion était autrefois une petite localité faisant
partie de la province de l'Artois. Géographiquement Divion est à 50°18' de latitude
nord et à 0°10' à l'est du méridien de Greenwich .La superficie est de 1.091 hectares
. Divion est au carrefour des deux grandes routes nationales n°41 et 341 .
Divion est née sur les bords d'une petite rivière
nommée la Biette. La vallée tient une place importante dans le paysage. Nous sommes ici
à la limite septentrionnale des plateaux artésien et picard dont le rebord
dissymétrique appelé "Collines d'Artois" plonge assez brusquement sur une
étroite zone ondulée qui précède elle-même les plaines plates et marécageuses de la
Flandre.
La coupe schématique de la vallée selon un axe La
Clarence-Croix de Grès donnera du relief une idée plus exacte qu'une longue
dissertation.

La vallée proprement dite au fond de laquelle serpente
la Biette est peu profonde. Elle est orientée sud-ouest/ nord-est, ou encore Ourton Bruay
La Buissière. La dénivellation du lit est faible puisque la hauteur au dessus du niveau
de la mer passe d'une extrêmité à l'autre du village de 59 à 50 mètres.
Le chef-lieu de Divion, c'est à dire le centre est à 57
mètres d'altitude.
Les hauteurs limitent l'horizon de chaque côté. Ce sont
celles formées par la Croix de Grès et le Transvaal d'une part avec 85 mètres environ
d'altitude, par La Clarence, le bois du Rietz, la cité 30 d'autre part avec 125 mètres
d'altitude.
Les côteaux de La Clarence sont exposés vers
Calonne-Ricouart au nord-ouest, vers la vallée au sud-est. Ceux de la Croix de Grès sont
exposés vers Houdain au sud-est, vers la vallée au nord-ouest.
Sur les pentes sud-est constituant le petit adret des
hautes montagnes, nous rencontrerons les meilleures terres de culture.
Nous ne dirons que peu de choses sur la nature du sol.
C'est le sol crayeux de la vallée picarde classique recouvert d'une couche de limon ou
terre arable de 20 à 50 cm mais où émerge bien souvent une couche plus épaisse (60 à
80 cm) de cette terre argileuse remplie de silex, lourde et collante que l'on dénomme
"bief" dans nos régions.
De par sa latitude de 50° nord, on pourrait s'attendre
à y voir sévir un climat assez rigoureux.
Au contraire, la proximité relative de la mer et la
prédominance des vents d'ouest établissent un climat doux et humide, normalement sans
grand écart de température. Nous pouvons dire que Divion bénéficie d'un climat doux
assez régulier à tendance océanique.
Bientôt, nous vous proposerons un historique
météorologique de la région.
Divion a dû son importanceà la richesse de sous-sol en
houille. L'extraction de ce gisement, prolongement du bassin du Nord, amena un
bouleversement dans l'économie de la région de Bruay.
La fin de l'exploitation des mines amena un autre
bouleversement, c'est celui d'un économie qui n'avait pas été préparée à une
mutation d'où des taux de chômage dans les anciennes régions minières
particulièrement importants (autour de 25% de la population active pour Divion en janvier
1998, source ANPE).
On trouvait donc sur le territoire de la commune de
Divion, deux sièges, le puits des mines de La Clarence et le n°5 des mines de Bruay.
La Mine de La Clarence
Il y avait deux puits à cette mine qui servaient à
l'extraction, le n°1 de 1180 mètres de profondeur et le n°1 bis de 1000 mètres de
profondeur. Un troisième puits, le n°2, ou puits de retour a également existé.
Vingt deux couches de houille s'étageaient de 320
mètres à 1500 mètres. Mais toutes n'étaient pas exploitables parce que trop petites.
L'extraction journalière moyenne dans les années 50 était de 400 tonnes (charbon
trié).
Le nombre d'ouvriés était d'environ 950, 725 pour le
fond dont 23 employés et 230 pour le jour dont 30 employés.
La centrale électrique des Mines de La Clarence
alimentait la société Béthunoise, la cimenterie de Pernes en Artois et un four à chaux
situé en bordure de la route nationale n°41, entre cette route et le bois du Vieil Fort.

L'entrée des Mines de La Clarence
Le Numéro 5 des Mines de Bruay
Il existait deux puits d'extraction, le 5 et le 5 bis, et
un puits de retour ter, le5 ter. Le puits du n°5 atteignait la profondeur de 564 mètres
et l'extraction est normale. Dans le puits 5 bis de 679 mètres, l'extraction est dite par
"bure". En effet, à partir de 564 mètres, un autre puits plus petit est
creusé dans le prolongation de l'autre. Il y a donc deux systèmes de cage. Le n°5 ter a
une profondeur de 564 mètres.
La production journalière dans les années 50 était de
3.000 berlines de charbon de 750 kg de terres.
Le chef du siège état l'ingénieur principal, chef
d'établissement. Il as sous ses ordres un ingénieur par fosse.
Le n°5 comptait dans les années 50, 895 ouvriers
dirigés par trois chefs porions et 25 porions.
Le n°5 bis comptait dans les années 50, 930 ouvriers
dirigés par trois chefs porions et 35 porions.
Le service du jour comptait 426 ouvriers et 53 employés
dont 2 chefs de place, surveillants, comptable, etc..
Les Cités Minières
Les cités sont nés avec le développement insdustriels
de la fin du 19° siècle et début du 20° siècle. Depuis lors, de nouvelles cités ont
apparu constamment.
- La Cité 18 ou La Cité du Transvaal : le nom des rues
rappelle les noms devenus célèbres à la fin de la guerre des Boers en Afrique Australe
(rue Prétoria, rue du Transvaal, rue des Diamants, rue Joubert, place Krüger, etc...).
- La cité 18 bis ou le coron des Ambitieux
- La cité 22 ou le port Arthur
- La Cité 30 avec ses noms de planète (rue de Saturne, rue
de Jupiter, etc..)
- La Cité 33 ou la Cité des Musiciens (rue Mozart, rue
Saint-Saens, etc..)
- La cité 34 ou la Cité des Andouilles
- La cité 34 bis
- La Clarence avec ses noms qui ont apprtenu simplement à
l'alphabet (rue A, B, C, etc..). Aujourd'hui, elles portent le nom d'écrivains
célèbres.
- La Cité des Jardins.
Les maisons des cités sont toutes construites sur le
même modèle. Les plus anciennes sont disposées en files ininterrompues nommées
"corons". Mais l'administration des houillères a fait de gros efforts pour
rendre les logements plus salubres et a cessé la construction de ces files de maisons
tristes et sales pour se maintenir à l'édification de pavillons de quatre maisons
donnant sur deux rues et entourés de jardin. Mais les poussières noires des terris ont
vite fait de donner à ces habitations un aspect triste et sale.
Depuis la guerre, le manque de matériaux a déterminé
la construction de nombreux baraquements en bois qui augmentaient encore la tristesse de
l'aspect des cités ouvrières.
Les Monuments 
Divion ne peut s'enorguellir de posséder de monuments
historiques importants, exception faite de la Croix de Grès située au carrefour du même
nom, dont nous reparlerons.
- L'église Saint Martin, dans la vallée, est construite
sur l'emplacement de la Chapelle du château de Divion dont les ruines ont été
dispersées en 1789.
- Le Château du Vieil Fort est de construction relativement
récente.
- Le Monument aux Morts de la Grande Guerre est situé en
face de la Croix de Grès.
- Quelques Chapelles disséminées dans la vallée.
- L'église de la Clarence dédiée à St François de
Saales, détruite dans les années 1990, pour des raisons de sécurité.
- La Mairie inaugurée en 1913 et totalement rénovée en
1990.
- Le Commissariat inauguré en 1924.
Vers une
visite en images !!!
L'Histoire 
La Croix de Grès
Cette partie de Divion doit son nom à une curieuse croix
de grès de 5 mètres de hauteur, située à l'intersection de la route nationale 41 et
d'une route départementale. Elle fut rénovée en 1994.
Monsieur Bavrois a reconnu dans ce monument des
caractères architectoniques du XVème siècle. C'est un monolythe cylindrique dont le
croisillon est fort étroit. Sur ce crosillon est appliquée une pierre représentant la
figure de Jésus sur les genoux de sa mère. Il est impossible de recueillir des
renseignements certains sur l'origine de la Croix de Grès de Divion. Aussi faut-il s'en
tenir à la tradition :
" La moisson était teminée, des fleurs et de la
verdure ornaient la dernière voiture, selon un usage conservé jusqu'à nos jours. Au
faite était une jeune mère avec son enfant. Les chevaux effrayès par des cris de joie
s'emportent, et l'enfant renversé n'est bientôt plus qu'un cadavre. Jeanne, tel est le
nom de la pauvre mère, en devint folle. Chaque jour, elle venait à l'endroit où son
fils avait péri; une croix de bois y fut élevée. Jeanne la Folle l'entretint longtemps.
Un matin on la touva morte raidie par le froid serrant dans ses bras la croix de bois.
Alors les seigneurs élevèrent une croix de pierre afin de rappeler la douleur de Jeanne
la Folle, ils firent sculpter sur le grès, une 'Piëta' ".
La Croix de Grès était autrefois placée plus loin mais
elle fut brisée sous la révolution. Une pauvre femme en recueillit les débris et la
fitr rétablir quelques années plus tard à son emplacement actuel.
La Chaussée
Brunehaut
Chaussée brunehaut, tel est le nom que porte la grande
voie romaine Thérouanne Arras.
La tradition veut que cette voie ait été restaurée
vers la fin du 6ème siècle par la reine Brunehaut, femme du roi dont elle a pris le nom.
Il est certain que ce soit une voie antique, tirée en
ligne droite. Elle a existé même avant l'occupation des romains. Elle reliait Arras (Némétrium) capitale du peuple gaulois, les Atrébates, à Thérouanne, capitale d'un autre peuple gaulois, les Morins.
Thérouanne n'est plus aujourd'hui qu'un petit village
sur les bords de la Lys.
Cette voie fut de grande importance pour les romains dans
le déplacement rapide de leurs légions à travers une région dangereuse et couverte de
forêts. Elle fut également une voie commerciale importante reliée aux voies menant à
Lyon et Rome d'une part, au littoral de la Manche d'autre part dont le port aurait été
Boulogne sur Mer.
Aujourd'hui, elle se confond avec la route
départementale. Toutefois, elle quitte cette route à l'entrée de Rebreuve et ne la
reprend qu'à la sortie de Divion (La Clarence). Ce tronçon de 5 kilomètres est
d'ailleurs très mal entretenu et comprend d'ailleurs un chemin de terre très peu
fréquenté.
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