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Quantom 1+3 n'est pas - et n'a jamais été - un
projet musical in stricto sensus, mais plutôt le lieu propice aux
mouvements de nos âmes extasiées de vie. Qu'ajouter ? Les mots se revèlent
toujours en deçà des abimes du coeur. Cristalliser des émotions dans des sons, y
mêler des phrases incoercibles, des images nimbées de fantasmes. Exutoire
délicieux ! Qu'importe les faiseurs de
rationalité, ou les adaptes de l'analyse... Il ne s'agit nullement d'une
thérapie mais de l'expression d'une subjectivité. User d'un vocable n'en extrait
pas la quintessence, tout comme l'érudition sans poèsie n'est rien.
Qu'importe aussi la précision chirurgicale des
dates, toujours blessantes pour nos veines fatiguées. Il est juste écrit que
vers 1984, j'officiait seul, prêtre dans l'église désertée de mes nerfs. C'était
le coeur des années "new wave". Griffe d'une époque, qui si elle ne se
ressentait peu dans mes expérimentations sonores, transpirait néanmoins au
travers de mes préoccupations. D'ailleurs, évoquer la musique en la qualifiant
d'expérimentale ne signifie rien en soi. Le futile rejoint ici
l'essentiel.
De ces temps mouvementés il ne reste que les cendres
de cassettes aux sons plombés de parasites...
Il était aussi écrit que ma vacuité devait un jour
cesser. Orphée, mon frère de sang,
joignit le projet en 1991. S'en suivirent une série de cassettes dont
l'aboutissement fut "L'oeuvre au
noir" (sortie en 1994).

Pour saisir notre cheminement évoquons maintenant
la Materia prima, également désignée du nom d'Isis (surnomée la noire) et
qui a la réputatation de posséder l'élixir de vie et d'être versée dans les
l'arts magiques. C'est ainsi qu'en 1995, année ou sortit "Les afflictions de
l'âme" que Lydia, (épouse et Sulamite
noire d'Axel) intégra le projet. Cette
dernière cassette "officielle" clos le cycle strictement alchimique de Quantom
1+3. Et si dans les productions ultérieures "L'oeuvre" transpire
toujours en filigrane, d'autres thèmes, dilués par nos avidités disparatres
occupent désormais une place prépondérante.
 "J'exprime, une expérience, ayant essentiellement le
soucis de communiquer l'expérience intérieure - c'est à dire, l'expérience religieuse - en dehors des religions
définies... C'est la sensibilité
religieuse, qui lie toujours étroitement le désir et l'effroi, le plaisir
intense et l'angoisse."
(Georges Bataille - L'érotisme)
Tout est dit... Ou presque...
A ce jour, les deux seuls concerts à l'actif de
Quantom 1+3 sont ceux du festival d'Hulluch en Avril 1995 et de Lille en
Novembre 1996.
A partir de 1997, par la turbulence de
l'existence, le projet fut mis au repos. Mais
l'esprit mercuriel, cette salamandre qui "muse" dans le feu rode toujours. Rien
n'est immuable.

Ne prennez pas ces élucubrations au sérieux.
aevigiran@hotmail.com
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