Vers une hyper-rhétorique :

    A l'instar du texte traditionnel, l'hypertexte utilise un certain nombre de procédés rhétoriques.

    Le plus important de ces procédés est sans doute l'utilisation de métaphores, qu'elles soient visuelles ou textuelles. Ces métaphore permettent à l'utilisateur de trouver des repères pour sa navigation dans l'hyperdocument.

    Comme l'indique Woodhead : "These metaphors seek to give users a concrete and familiar spatial and/or temporal meta-model". Elles ont une fonction essentielle dans la mesure où elles placent et ancrent l'utilisateur dans un modèle cognitif connu et réaliste qui lui donne les moyens de se localiser et de s'orienter dans l'hyper-espace informationnel. Ces métaphores acquièrent donc dans l'hypertexte un rôle cognitif structurant qu'elles ne possédaient pas dans l'écriture linéaire traditionnelle, sinon à ses débuts (métaphore du labourage dans les premières écritures...).

    Ainsi, on retrouve la métaphore du livre dans certains logiciels hypertextes comme ToolBook, ou celle des fiches dans Hypercard, ou encore celle du tissu dans Intermedia, voire celle de la maison (dans "the bughouse" de Gay et Mazur).

    Pour certains auteurs, Moulthrop par exemple, ces métaphores constituent un obstacle à l'écriture et à la lecture de véri ables hypertextes. Selon eux, leur utilisation est un phénomène transitoire : elles sont là pour que le passage du texte à l'hypertexte se fasse en douceur... Le jour où l'édition électronique sera la norme, les lecteurs pourront se passer de ces métaphores sécurisantes...