Le "lost in hyperspace" :

    Le principal défaut de l'hypertexte est la difficulté de ne pas s'y perdre !

    En effet, lorsque vous lisez un livre, vous savez approximativement où vous en êtes. Pour cela vous utilisez certains indices du genre : numéro de la page, sommaire, en-tête, etc. Dans un hypertexte, la plupart de ces repères n'ont plus lieu d'être. La non-linéarité du document rend impossible, pour ne pas dire inutile et absurde, l'utilisation de tels indices. Durant la lecture d'un hyperdocument, vous ne voyagez pas le long d'un fleuve tranquille, vous empruntez des raccourcis ou alors de longs détours, de noeuds en noeuds, de liens en liens, vous ouvrez une fenêtre après l'autre, parfois même plusieurs simultanément, bref, il peut vous arriver de vous retrouver dans une jungle d'informations dans laquelle vous ne comprenez plus rien... C'est cela que les spécialistes de l'hypertexte ont appelé le "lost in hyperspace". Vous vous sentez alors complètement désorienté, vous ne savez pas où vous êtes, pire, vous ne savez même plus ce que vous cherchiez.

    Ce problème de navigation semble pourtant facilement évi ableÊ: il suffit de donner au lecteur quelques "outils de navigation" pour pouvoir s'orienter intelligemment dans l'hyperespace informationnel. Que ces outils soient des "cartes conceptuelles", des "browsers" ou autres, peu importe du moment qu'ils permettent au lecteur de savoir où il est, où il doit aller, comment il peut y aller, comment il peut en revenir, etc.

    Pour certains chercheurs, comme Landow, ce problème est un pseudo-problème : tout comme pour le texte-papier ordinaire, il est selon lui nécessaire d'adjoindre au document des procédés rhétoriques et des indices conventionnels d'aide à la navigation...